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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2407979

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2407979

jeudi 1 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2407979
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l’obligation de quitter le territoire français prise par le préfet du Nord à l’encontre de M. B, ressortissant togolais. Le juge a estimé que la requête était manifestement irrecevable, car le recours au fond contre cette décision bénéficie d’un effet suspensif de plein droit en vertu de l’article L. 722-7 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, rendant inutile la procédure de référé prévue à l’article L. 521-1 du code de justice administrative. La solution retenue repose sur l’irrecevabilité des conclusions, sans examen de l’urgence ou du doute sérieux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, M. A D B, représenté par Me Ihou, demande au juge des référés :

1°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter sans délai le territoire français et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la requête n° 2407931 présentée par M. B et tendant à l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. C, premier vice-président, pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant togolais et revendiquant par ailleurs la nationalité française, né le 13 octobre 1977, est entré en France, selon ses déclarations, au cours de l'année 2023. Il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 18 juin 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement.

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

3. M. B a introduit une requête au fond, enregistrée au greffe du tribunal le 29 juillet 2024 sous le n° 2407931 et tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Nord du 18 juin 2024. Eu égard au caractère suspensif de ce recours, prévu à l'article L. 722-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'obligation de quitter le territoire français dont fait l'objet le requérant n'est pas susceptible de recevoir exécution avant que le tribunal administratif n'ait statué sur la requête au fond, non plus que la décision fixant le pays de destination de cette mesure d'éloignement. Cette procédure spéciale, prévue par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, présente des garanties au moins équivalentes à celles prévues par le livre V du code de justice administrative dont, par suite, elle exclut que le requérant demande utilement l'application en formant, à l'encontre des décisions lui faisant obligation de quitter le territoire national et des décisions subséquentes, un recours en référé prévu par l'article L. 521-1 du code de justice administrative. Par suite, sans préjudice, au demeurant, de l'éventuelle tardiveté du recours au fond contre l'arrêté litigieux qui, en application de l'article L. 614-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version alors en vigueur, devait être introduit dans le délai de 48 heures à compter de la notification de cette décision, les conclusions de la requête aux fins de suspension de l'arrêté du préfet du Nord contesté sont manifestement irrecevables

4. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant au doute sérieux est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du même code.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A D B.

Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 1er août 2024.

Le juge des référés,

Signé

Y. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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