mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408001 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 29 juillet 2024, enregistrée le 30 juillet 2024 au greffe du tribunal, la première vice-présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée pour M. B.
Par cette requête, enregistrée le 16 juillet 2024 au greffe du tribunal de Versailles, et un mémoire, enregistré le 18 septembre 2024, M. D B, finalement représenté par Me Cabaret, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 14 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B soutient que :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français a été prise par une autorité incompétente ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant refus d'octroi d'un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a déposé une demande de titre de séjour ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ; - elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité, par voie d'exception, des décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et refus d'octroi d'un délai de départ volontaire ont été prises par une autorité incompétente ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ; - elles sont entachées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
La requête a été communiquée au préfet des Yvelines qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République algérienne relatif aux conditions de circulation, d'emploi et de séjour des ressortissants algériens et de leurs familles modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Varenne en application de l'article L. 614-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en vigueur à la date de la décision attaquée.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Varenne, magistrate désignée ;
- les observations de Me Cabaret, succédant à Me Rolf-Pedersen, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ;
- le préfet des Yvelines n'étant ni présent ni représenté ;
- le requérant étant absent.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 15 février 1985 à Mohammadia (Algérie), demande l'annulation de l'arrêté du 14 juillet 2024 par lequel le préfet des Yvelines l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
2. En premier lieu, eu égard au caractère réglementaire des arrêtés de délégation de signature, soumis à la formalité de publication, le juge peut, sans méconnaître le principe du caractère contradictoire de la procédure, se fonder sur l'existence de ces arrêtés alors même que ceux-ci ne sont pas versés au dossier. Par un arrêté du 4 mars 2024, publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture, le préfet des Yvelines a donné délégation à M. C A, sous-préfet de Mantes-la-Jolie, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant obligation de quitter le territoire français. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige aurait été prise par une autorité incompétente manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée, qui doit être motivée en application des seules dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et non en application des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration lesquelles ne s'appliquent pas aux mesures d'éloignement prises sur le fondement des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce de façon suffisamment précise les considérations de fait et de droit sur lesquelles elle se fonde. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait insuffisamment motivée doit être écarté.
4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité l'abrogation de la mesure d'éloignement prise à son encontre par le préfet du Nord le 21 mars 2023, que cette demande a été implicitement rejetée et que ce refus fait l'objet d'un recours pendant devant le tribunal administratif de Lille. Il ressort également des pièces du dossier que M. B a introduit un recours contre la décision du 16 octobre 2023 portant clôture de sa demande de titre de séjour. La seule circonstance que le préfet des Yvelines n'ait pas mentionné l'existence de ces recours dans la décision attaquée ne permet pas d'établir qu'il ne se serait pas livré à un examen sérieux de la situation personnelle du requérant. De même, le fait que le préfet n'ait produit ni la mesure d'éloignement du 21 mars 2023 ni le jugement du tribunal administratif confirmant la légalité de cette décision n'est pas de nature à faire regarder l'autorité préfectorale comme n'ayant pas sérieusement examiné la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, moyen tiré de ce que le préfet des Yvelines n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation personnelle de M. B doit être écarté.
5. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger mineur de dix-huit ans ne peut faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français. ". Indépendamment du cas prévu par ce dernier article, l'autorité administrative ne saurait légalement obliger un ressortissant étranger à quitter le territoire français que si ce dernier se trouve en situation irrégulière au regard des règles relatives à l'entrée et au séjour. Lorsque la loi prescrit que l'intéressé doit se voir attribuer de plein droit un titre de séjour, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
6. M. B ne saurait utilement se prévaloir de ce qu'il peut prétendre à la délivrance de plein droit d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur depuis le 1er mai 2021 et qui remplacent les anciennes dispositions du 7) de l'article L. 313-11 du même code, dès lors que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ne s'appliquent pas aux ressortissants algériens dont le droit au séjour sur le territoire français est régi de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
8. Il ressort des pièces du dossier que M. B a effectué, entre novembre 2015 et mars 2018, de fréquents aller-retours entre la France et l'Algérie sous couvert des différents visas de court séjour délivrés par les autorités françaises. Il soutient, sans être contredit, être également entré régulièrement en France au cours de l'année 2021 et s'être ensuite maintenu irrégulièrement sur le territoire français. Il a fait l'objet, le 21 mars 2023, d'une mesure d'éloignement prise à son encontre prs le préfet du Nord qu'il dit avoir mise à exécution en quittant le territoire français pour l'Italie. Il serait ensuite revenu très rapidement, de manière irrégulière, sur le territoire français. Que M. B soit entré pour la dernière fois en France au cours de l'année 2021 ou au premier semestre de l'année 2023, son séjour en France demeure récent. S'il se prévaut de la conclusion d'un pacte civil de solidarité avec une ressortissante française le 1er juin 2023 avec laquelle il réside par ailleurs depuis le mois de mars 2023, cette relation, dont la stabilité et l'intensité n'est remise en cause ni par le préfet des Yvelines ni par les pièces du dossier, présente cependant un caractère trop récent pour que M. B puisse être regardé comme ayant transféré en France le centre de ses intérêts privés et familiaux alors que résident en Algérie ses deux enfants mineurs issus d'une première union ainsi que la plupart de ses proches. Par ailleurs, si l'intéressé se prévaut d'une promesse d'embauche datée du 6 octobre 2023 pour travailler en qualité d'ouvrier dans une entreprise tourquennoise, il n'est pas démontré que cette promesse d'embauche serait toujours valable à la date de la décision attaquée. Enfin, le requérant ne démontre pas, ni même n'allègue, qu'il ne pourrait se réinsérer socialement et professionnellement en Algérie où, ainsi qu'il a été dit, résident la plupart de ses proches et où il a vécu au minimum jusqu'à ses 36 ans. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il y a lieu, pour les mêmes motifs, d'écarter également le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de M. B.
9. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a décidé de l'obliger à quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
10. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entré et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. ". Enfin, l'article L. 612-3 de ce code précise que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour; / ().
11. Il ressort des termes de la décision attaquée que, pour refuser à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire, le préfet du Nord s'est uniquement fondé sur les dispositions du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur celles du 1° de l'article L. 612-3 du même code, soit sur la circonstance que M. B serait entré irrégulièrement en France et n'aurait jamais déposé de demande de titre de séjour. Or, il ressort des termes mêmes de la décision en litige et des pièces du dossier que M. B a déposé une demande de titre de séjour enregistrée le 6 septembre 2023 par l'administration laquelle a ensuite été " clôturée " au motif qu'il n'apportait pas d'éléments de nature à remettre en cause la mesure d'éloignement prise à son encontre le 21 mars 2023. Par suite, en refusant d'octroyer à M. B un délai de départ volontaire sur le fondement des dispositions précitées du 3° de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et du 1° de l'article L. 612-3 du même code, le préfet des Yvelines a commis une erreur de droit.
12. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 14 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
Sur la décision fixant le pays de destination :
13. Compte tenu de ce qui a été exposé aux points 2 à 8 du présent jugement, le moyen tiré de l'illégalité, par voie d'exception, de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 14 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a fixé son pays de destination.
Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
15. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. () ". En outre, aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ".
16. La décision du 14 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines a refusé à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire étant illégale, ce dernier est fondé, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, à demander l'annulation de la décision, fondée sur les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, par laquelle l'autorité préfectorale lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
17. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens dirigés contre cette décision, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision du 14 juillet 2024 par laquelle le préfet des Yvelines lui a interdit le retour sur le territoire français.
18. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 14 juillet 2024 par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
Sur les frais liés au litige :
19. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 14 juillet 2023 par lesquelles le préfet des Yvelines a refusé d'octroyer à M. B un délai de départ volontaire et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée de deux années sont annulées.
Article 2 : L'Etat versera à M. B une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D B et au préfet des Yvelines.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La magistrate désignée
Signé
M. VARENNE
La greffière,
Signé
O. MONGET
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026