mardi 20 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408179 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 août 2024, M. C A, représenté par Me Vergnole, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande tendant au renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle en qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa demande de renouvellement dans un délai de quinze jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard en lui délivrant une attestation de prolongation d'instruction pendant ce réexamen ;
4°) d'enjoindre au préfet du Nord de prendre une décision explicite sur sa demande sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros, sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée remplie en ce que le litige porte sur le renouvellement de la carte de séjour pluriannuelle dont il bénéficiait en tant que bénéficiaire de la protection subsidiaire, et en ce que l'absence de titre de séjour pour une durée anormalement longue, le place dans une situation de précarité puisqu'il ne peut justifier de son droit au séjour, ne peut travailler ni s'inscrire à Pôle emploi ou bénéficier de prestations sociales ;
- la décision implicite de rejet de sa demande n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 424-9, L. 424-10, R. 424-7, R.431 15-5 et R. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce que son dossier est complet, qu'il bénéficie de la protection subsidiaire, et qu'il est en droit de prétendre à une carte de séjour pluriannuelle et, pendant l'instruction de sa demande, à une attestation de prolongation d'instruction ;
- elle n'a pas été précédée d'un examen sérieux et particulier de sa situation.
La requête a été communiquée au préfet du Nord qui a produit des pièces enregistrées le 16 août 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2408184 enregistrée le 2 août 2024 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour et de l'heure de l'audience publique.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 août 2024 à 14 h 15 :
- le rapport de M. B,
- les observations de Me Normand, substituant Me Vergnole, représentant M. A qui réitère le contenu de ses écritures, maintenant notamment que la condition d'urgence reste remplie faute pour le préfet d'avoir renouvelé la carte de séjour alors qu'il est saisi d'une demande depuis plus d'un an ;
- les observations de Me Iscen, du Cabinet Centaure, représentant le préfet du Nord qui soutient que la condition d'urgence n'est pas remplie dès lors que le requérant s'est vu délivrer une attestation de prolongation d'instruction de sa demande valable jusqu'en janvier 2025.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. M. A justifiant avoir présenté une demande d'aide juridictionnelle, il y a lieu de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin de suspension :
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. M. A, ressortissant afghan, né le 2 mai 1990, a obtenu le bénéfice de la protection subsidiaire par décision de la Cour nationale du droit d'asile du 18 janvier 2019. Il a alors obtenu le bénéfice d'une première carte de séjour pluriannuelle valable jusqu'au 9 septembre 2023. Il en a demandé le renouvellement, le 26 juin 2023, et a obtenu deux attestations de prolongation d'instruction de cette demande dont la seconde est venue à expiration le 24 juillet 2024. Il demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement refusé de renouveler sa carte de séjour pluriannuelle. M. A s'est toutefois vu délivrer, le 29 juillet 2024, une troisième attestation de prolongation valable jusqu'au 28 janvier 2025.
4. Eu égard aux effets de l'attestation de prolongation d'instruction délivrée à M. A, et en particulier s'agissant de la possibilité pour lui de travailler et de percevoir les droits sociaux attachés à sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, la condition tenant à l'existence d'une situation d'urgence justifiant l'intervention à bref délai du juge des référés doit être regardée comme faisant défaut en l'espèce et il y a lieu, par suite, de rejeter la demande de suspension présentée par M. A.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. La présente ordonnance de rejet n'implique aucune mesure d'exécution et dans ces conditions, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6.Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante à l'instance, le versement au conseil de M. A de quelque somme que ce soit au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : M. A est admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 20 août 2024.
Le juge des référés,
Signé,
E. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026