vendredi 9 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408357 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 7 août 2024, M. A B, représenté par Me Lassort, demande au juge des référés :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'ordonner au préfet du Nord, en application de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de dépôt d'une demande de renouvellement de carte de résident dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
1. Eu égard à la nature du litige, il y a lieu d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions de référé :
2. M. B, ressortissant rwandais né le 20 octobre 1983, est entré en France le 31 octobre 1999 et a obtenu, à sa majorité, le bénéfice du statut de réfugié. Il s'est vu délivrer une première carte de résident de dix ans, en cette qualité, renouvelée une fois jusqu'au 29 janvier 2021. Il en a demandé le renouvellement le 9 février 2021 et a obtenu plusieurs récépissés de cette demande dont le dernier est arrivé à expiration le 5 octobre 2022. Il avait, entretemps, fait l'objet d'une procédure de retrait de statut de réfugié, décision prise par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 20 septembre 2022. Cette décision lui a été notifiée le 20 février 2023. Il a alors formé une nouvelle demande de renouvellement de son récépissé, le 30 mai 2023, classée sans suite, le 31 juillet 2023. Il a ensuite présenté une seconde demande de renouvellement de sa carte de résident, le 11 décembre 2023 mais la demande de délivrance d'un récépissé qu'il a également formée a été, elle aussi, classée sans suite, le 2 janvier 2024. Depuis lors, il a, à la faveur d'une première instance de référé, obtenu du préfet du Nord la délivrance d'un récépissé valable jusqu'au 18 mai 2024 ce qui l'a conduit à se désister de cette requête avant que le juge des référés ne se prononce sur son bien-fondé. Alors que la Cour nationale du droit d'asile a, par ordonnance du 3 juillet 2024, rejeté le recours formé contre la décision de l'OFPRA lui retirant le statut de réfugié, M. B demande à nouveau au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, d'ordonner au préfet du Nord de lui délivrer un récépissé de demande de renouvellement de sa carte de résident.
3. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse.
4. Il résulte de l'énoncé des faits exposés au point 2 que les demandes de renouvellement de sa carte de résident déposées par M. B ont été formées après l'expiration de la durée de validité de son dernier titre et qu'ainsi, ces demandes doivent en réalité être regardées comme tendant à une première délivrance d'un tel document. En tout état de cause, à la date de l'introduction de la requête, l'intéressé ne bénéficiait déjà plus du statut de réfugié et dans ces conditions, le préfet du Nord serait tenu de lui refuser la délivrance d'une carte de résident en cette qualité. Il en résulte que sa demande tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet de lui délivrer un récépissé de demande de carte de résident en qualité de réfugié, outre qu'elle se heurte à une contestation sérieuse, apparaît dépourvue d'utilité.
5. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter les conclusions de M. B à fin d'injonction ainsi que celles tendant au versement d'une somme au titre des frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : M. B est admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie sera adressée, pour information, au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 9 août 2024.
Le juge des référés,
signé
E. Kolbert
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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