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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408399

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408399

jeudi 19 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408399
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B A, qui contestait un arrêté du préfet du Nord du 10 mars 2024 l'obligeant à quitter le territoire français et un arrêté du 30 juillet 2024 l'assignant à résidence. La demande d'annulation de l'obligation de quitter le territoire a été jugée tardive, car introduite le 1er août 2024, soit après l'expiration du délai de recours de quarante-huit heures prévu par l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la requête contre l'assignation à résidence a été déclarée irrecevable pour défaut d'exposé de moyens, en application de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. En conséquence, la demande d'aide juridictionnelle provisoire a également été rejetée.

Texte intégral

Vu la procédure suivante : Par une requête, enregistrée le 1er août 2024, M. B A demande au tribunal : 1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ; 2°) d'annuler l'arrêté en date du 10 mars 2024 par lequel le préfet du Nord l'a obligé à quitter le territoire français et l'arrêté du 30 juillet 2024 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. Il soutient que : - la décision portant obligation de quitter le territoire français est entachée d'un défaut de notification ; - elle est entachée d'un défaut d'examen et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Vu : - les autres pièces du dossier. Vu : - le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; - le code des relations entre le public et l'administration ; - la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ; - le code de justice administrative. Le président du tribunal a désigné M. Krawczyk en application de l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience. Ont été entendus au cours de l'audience publique : - le rapport de M. Krawczyk, magistrat désigné, qui précise que sa décision pourrait être fondée sur un moyen d'ordre public tiré de la tardiveté de la demande d'annulation de l'arrêté en date du 10 mars 2024 et de l'absence de moyen à l'encontre de la décision d'assignation à résidence ; - les observations de Me Rannou, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés ; - M. A étant absent. Considérant ce qui suit : Sur la tardiveté de la requête en annulation de la décision d'éloignement : 1. Aux termes de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français n'est pas assortie d'un délai de départ volontaire, le président du tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures suivant la notification de la mesure. ( ) ". L'article R. 776-5 du code de justice administrative prévoit que : " () II. - Les délais de quarante-huit heures mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776-4 et les délais de quinze jours mentionnés aux articles R. 776-2 et R. 776- 3 ne sont susceptibles d'aucune prorogation () ". 2. Il ressort des pièces du dossier que M. A a introduit une requête en annulation, enregistrée au greffe du Tribunal le 1er août 2024, dirigée contre un arrêté du préfet du Nord du 10 mars 2024 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement et interdisant un retour sur le territoire français durant un an. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué a été notifié à M. A le 10 mars 2024. La notification de cet arrêté mentionnait les voies et le délai de recours de quarante-huit heures. La requête présentée par M. A tendant à son annulation a été enregistrée au greffe le 1er août 2024, soit après l'expiration du délai de quarante-huit heures, prévu par les dispositions précitées. Par suite, cette requête, qui est tardive, ne saurait être régularisée et doit donc être rejetée comme entachée d'une irrecevabilité manifeste. 3. Aux termes de l'article R. 411- 1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Aux termes de l'article R. 776-5 du même code : " () / Lorsque le délai est de quarante-huit heures ou de quinze jours, le second alinéa de l'article R. 411-1 n'est pas applicable et l'expiration du délai n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent. / () ". 4. La requête présentée par M. A tendant à l'annulation de la décision du préfet du Nord en date du 30 juillet 2024 l'assignant à résidence ne contient l'exposé d'aucun moyen, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 411-1 du code de justice administrative précitées. En outre, le requérant n'a présenté aucun moyen jusqu'à la clôture de l'instruction, sans que puisse lui être opposée la condition énoncée au second alinéa de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Par suite, cette demande d'annulation est manifestement irrecevable et doit être rejetée. Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire : 5. Aux termes de l'article 7 de la loi susvisée du 10 juillet 1991 : " L'aide juridictionnelle est accordée à la personne dont l'action n'apparaît pas, manifestement, irrecevable ou dénuée de fondement ". 6. En l'espèce, la requête de M. A étant manifestement irrecevable, les conclusions tendant à ce que le requérant soit admis, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ainsi que celles relatives aux frais liés au litige doivent être rejetées. D E C I D E : Article 1er : La requête de M. A est rejetée.Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Nord. Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024. Le magistrat désigné, Signé : J. KRAWCZYKLa greffière,Signé :N. CARPENTIER La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement. Pour expédition conforme, La greffière,N° 2408399

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