LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408558

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408558

mardi 16 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408558
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantFERRAND

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille annule l'arrêté du 24 mars 2024 par lequel le préfet du Nord avait prononcé l'expulsion du territoire français de M. A..., ressortissant algérien, ainsi que les décisions de retrait de son certificat de résidence de dix ans et de fixation du pays de renvoi. Le tribunal estime que les faits de violence conjugale reprochés à M. A..., bien que graves, ne suffisent pas à caractériser une menace grave pour l'ordre public au sens de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de son insertion professionnelle et de l'absence d'autres infractions. En conséquence, le tribunal enjoint au préfet de restituer à M. A... son certificat de résidence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 13 août et 28 novembre 2024, ce dernier n’ayant pas été communiqué, M. B... A..., représenté par Me Ferrand, demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 24 mars 2024 par lequel le préfet du Nord a prononcé son expulsion du territoire français, lui a retiré son certificat de résidence de dix ans et a fixé le pays de renvoi ;

2°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui restituer son certificat de résidence de dix ans dans un délai quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement de la somme de 1 900 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la requête n’est pas tardive ;

S’agissant de la décision portant expulsion du territoire français :
- elle a été prise à l’issue d’une procédure irrégulière dès lors qu’il n’a pas bénéficié de la procédure contradictoire prévue par les dispositions de l’article L. 122-1 du code des relations entre le public et l’administration ;

- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnait les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste dans l’appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

S’agissant de la décision portant retrait du certificat de résidence de dix ans :
- elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant expulsion ;

S’agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale par voie de conséquence de l’illégalité de la décision portant expulsion ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.


Par un mémoire en défense, enregistré le 25 septembre 2024, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance du droit à être entendu de M. A... est inopérant ;
- les autres moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.


Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.


Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de Mme Piou,
- les conclusions de Mme Grard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Ferrand, représentant M. A....


Considérant ce qui suit :

M. A..., ressortissant algérien né le 24 juillet 1985, entré en France le 1er novembre 2018, a été mis en possession d’un certificat de résidence d’un an en qualité de conjoint d’une ressortissante française puis d’un certificat de résidence de dix ans en cette même qualité, valable du 30 octobre 2020 au 29 octobre 2030. Par l’arrêté litigieux, le préfet du Nord a prononcé son expulsion du territoire français, lui a retiré son certificat de résidence et a fixé le pays de destination.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

Aux termes de l’article L. 631-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L'autorité administrative peut décider d'expulser un étranger lorsque sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, sous réserve des conditions propres aux étrangers mentionnés aux articles L. 631-2 et L. 631-3 ».

Lorsque l'administration se fonde sur l'existence d'une menace grave à l'ordre public pour prononcer l'expulsion d'un étranger, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.

Il ressort des pièces du dossier que M. A..., présent en France depuis le mois de novembre 2018, a fait l’objet d’un rappel à loi du procureur de la République en février 2020 pour des faits de violence sur conjointe commis le 18 octobre 2019 et d’une unique condamnation par le tribunal correctionnel de Dunkerque le 22 novembre 2022, confirmé en appel par un arrêt de la Cour d’appel de Douai du 3 octobre 2023, à une peine de 4 mois de prison avec sursis, assortie d’une interdiction d’entrer en relation avec la victime et de détenir ou porter une arme soumise à autorisation pendant deux ans, pour des faits de violence commis à l’égard de sa conjointe le 5 juin 2022. Si les faits reprochés à l’intéressé ne sont pas dépourvus de gravité, ils ne suffisent toutefois pas à eux seuls à caractériser l’existence d’une menace grave à l’ordre public, alors que M. A... ne s’est vu reprocher aucun autre fait infractionnel depuis lors et qu’il justifiait à la date de l’arrêté litigieux d’une insertion professionnelle. Dans ces conditions, en prenant l’arrêté litigieux, le préfet du Nord a fait une inexacte application des dispositions précitées.

Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, la décision contestée portant expulsion de M. A... du territoire français ainsi que, par voie de conséquence, la décision de retrait du certificat de résidence de dix ans de l’intéressé, prise sur le fondement de l’article R.432-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, et la décision fixant le pays de renvoi doivent être annulées.

Sur les conclusions à fin d’injonction :

Le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Nord restitue à M. A... son certificat de résidence de dix ans, valable du 30 octobre 2020 au 29 octobre 2030. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de lui enjoindre d’y procéder dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Sur les frais liés au litige :

Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par M. A... et non compris dans les dépens.






D E C I D E :



Article 1er : L’arrêté du préfet du Nord du 24 mars 2024 est annulé.

Article 2 : Il est enjoint au préfet du Nord de restituer à M. A... son certificat de résidence de dix ans dans le délai d’un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : L’Etat versera à M. A... la somme de 1 200 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B... A... et au préfet du Nord.


Délibéré après l'audience du 25 novembre 2025, à laquelle siégeaient :

Mme Leguin, présidente,
Mme Piou, première conseillère,
M. Boileau, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 décembre 2025.


La rapporteure,

signé


C. Piou

La présidente,

signé


A-M. Leguin
La greffière,

signé


C. Calin

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir
← Retour aux décisions

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026