jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408677 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 19 août 2024, M. B A, représenté par Me Emilie Dewaele, demande au juge des référés :
1°) d'assortir, en application des dispositions de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, l'article 2 de l'ordonnance n° 2305854 du 13 juillet 2023, en tant qu'il enjoint au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa demande de renouvellement de titre de séjour dans le délai de 15 jours à compter de la notification de ladite ordonnance, d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'État le versement à son conseil de la somme de 2 000 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- l'inexécution du dispositif de l'ordonnance du tribunal administratif de Lille du 13 juillet 2023 est constitutive d'un élément nouveau, au sens des dispositions de l'article L. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 septembre 2024, le préfet du Nord, qui n'a assorti son mémoire d'aucune conclusion explicite, fait valoir avoir procédé à un nouvel examen de la situation de M. A et lui avoir délivré une autorisation de séjour provisoire.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024 :
- le rapport de M. Huguen ;
- les observations de Me Onmol Khan, représentant le préfet du Nord.
M. A n'étant ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-4 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-4 du code de justice administrative : " Saisi par toute personne intéressée, le juge des référés peut, à tout moment, au vu d'un élément nouveau, modifier les mesures qu'il avait ordonnées ou y mettre fin ".
2. Lorsqu'une personne demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions précitées de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, d'assurer par de nouvelles injonctions et une astreinte l'exécution de mesures ordonnées par le juge des référés et demeurées sans effet, il appartient à cette personne de soumettre au juge des référés tout élément de nature à établir l'absence d'exécution, totale ou partielle, des mesures précédemment ordonnées et à l'administration, si la demande lui est communiquée en défense et si elle entend contester le défaut d'exécution, de produire tout élément en sens contraire, avant que le juge des référés se prononce au vu de cette instruction.
3. Par une ordonnance n° 2305854 du 13 juillet 2023, le juge des référés du tribunal administratif de Lille, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a, d'une part, prononcé la suspension de l'exécution de la décision du 21 mars 2023 par laquelle le préfet du Nord avait refusé de faire droit à la demande de M. B A tendant au renouvellement de son titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", d'autre part, enjoint au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir.
4. Il résulte de l'instruction que, si le préfet du Nord, conformément à l'article 2 de l'ordonnance du juge des référés du 13 juillet 2023, a délivré à M. A une autorisation provisoire de séjour qui a été ensuite régulièrement renouvelée, il n'a, en revanche, pas procédé, dans le délai de quinze jours qui lui avait été prescrit par le même article 2, à un nouvel examen de la demande de M. A tendant au renouvellement de son titre de séjour.
5. Toutefois, le préfet du Nord a, le 2 septembre 2024, postérieurement à l'introduction de la requête, informé le juge de référé qu'il avait procédé à un nouvel examen de la situation de M. A en recueillant, le 16 mai 2024, l'avis du collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration - versé au dossier - sur le fondement duquel il a décidé de maintenir " les termes de [la] décision du 21 mars 2023 " par laquelle il avait refusé de faire droit à la demande de M. A tendant au renouvellement de son titre de séjour. Le préfet du Nord verse également au dossier la copie de l'autorisation provisoire de séjour qu'il a accordée à M. A le 17 mai 2024, valable jusqu'au 28 février 2025, dans l'attente du jugement au fond sur la légalité de sa décision du 21 mars 2023.
6. Il résulte de ce qui précède que, à la date de la présente ordonnance, l'article 2 de l'ordonnance du 13 juillet 2023, en tant qu'il enjoignait au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de la situation de M. A et de lui délivrer, dans l'attente, un récépissé l'autorisant à travailler, a été, nonobstant la circonstance que le délai de quinze jours n'a pas été respecté, entièrement exécuté. Dès lors, les conclusions de la requête de M. A tendant à assortir l'article 2 de l'ordonnance du 13 juillet 2023 d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 48 heures suivant la notification de la présente ordonnance ont perdu leur objet. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur celles-ci.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans la mesure où M. A a dû saisir le juge des référés pour que le préfet du Nord exécute entièrement l'article 2 de l'ordonnance du 13 juillet 2023, sous réserve que Me Dewaele, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dewaele de la somme de huit cents (800) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. A tendant à assortir l'article 2 de l'ordonnance n° 2305854 du 13 juillet 2023 d'une astreinte de 500 euros par jour de retard à compter de l'expiration du délai de 48 heures suivant la notification de l'ordonnance à intervenir.
Article 2 : Sous réserve que Me Dewaele renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Dewaele, avocate de M. A, la somme de huit cents (800) euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, à Me Emilie Dewaele, au préfet du Nord et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Fait à Lille, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
O. HUGUEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026