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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408685

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408685

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408685
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté la requête en référé de M. A, qui demandait, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, la délivrance sous astreinte d'un titre de séjour "salarié". Le juge a estimé que l'urgence et l'utilité de la mesure n'étaient pas établies, car une carte de séjour avait été éditée le 23 août 2024 et que l'intéressé disposait déjà d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler. La solution retenue repose sur l'absence de préjudice grave et immédiat justifiant l'intervention du juge des référés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 août 2024, M. B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative de lui délivrer le titre de séjour " salarié " qu'il a sollicité, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie en ce qu'il est en situation administrative précaire ;

- la mesure sollicitée présente le caractère d'utilité prescrit par l'article L. 521-3 du code de justice administrative et elle n'est pas de nature à faire obstacle à l'exécution d'une décision administrative dès lors que ses démarches pour la fabrication d'un titre de séjour n'aboutissent pas.

La requête a été communiquée au préfet du Nord qui a produit des pièces le 27 août 2024.

Par un mémoire enregistré le 28 août 2024, M. A a indiqué au vu de ces pièces ne pas souhaiter se désister de sa demande.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes en référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ".

2. M. A, ressortissant tunisien, s'est vu délivrer un visa de long séjour de travailleur salarié valable du 12 avril 2023 au 11 avril 2024. Il a validé l'enregistrement de ce visa valant titre de séjour, le 25 mai 2023. Le 17 mai 2024, une autorisation provisoire de séjour valable jusqu'au 16 novembre 2024 lui a été délivrée. Par la présente, M. A doit être regardé comme demandant, sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative que le titre de séjour " salarié " qu'il sollicite soit mis en fabrication. Il résulte toutefois des pièces produites par le préfet du Nord qu'une carte de séjour valable du 23 août 2024 au 22 août 2028 a été éditée le 23 août 2024. Dans ces conditions, rien ne laissant présumer que ce titre ne soit pas remis à brefs délais à l'intéressé et celui-ci disposant à la date de la présente ordonnance d'une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et n'établissant pas que l'absence de détention d'une carte de séjour préjudicie de manière grave et immédiate à sa situation, l'utilité et l'urgence de la mesure demandée par M. A n'est pas établie. Par suite, sa requête ne peut qu'être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Nord.

Lille, le 18 septembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. PERRIN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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