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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2408698

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2408698

lundi 28 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2408698
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par M. A pour obtenir l'enregistrement de son changement d'adresse et la délivrance d'un document justifiant de son autorisation de travail. Le préfet du Nord ayant indiqué que la demande avait été acceptée et qu'un nouveau titre de séjour était en cours de fabrication, le juge a constaté que les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte étaient devenues sans objet. En conséquence, l'ordonnance prononce un non-lieu à statuer sur ces demandes. L'État est condamné à verser 800 euros à l'avocate de M. A au titre des frais de justice, en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 19 août 2024 et le 1er octobre 2024, M. B A, représenté par Me Fortunato, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre à titre provisoire à l'aide juridictionnelle ;

2°) d'ordonner au préfet du Nord d'enregistrer son changement d'adresse et de mettre à sa disposition tout document lui permettant de justifier de son autorisation de travail sur l'ensemble du territoire national, dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Fortunato, avocat de M. A, de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou, en cas de refus d'octroi de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la même somme au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la carence des services préfectoraux le prive de son droit à l'emploi alors que son épouse ne bénéficie pas d'une autorisation de travail, que le ménage a deux enfants et subsiste grâce aux minima sociaux, et est hébergé par un tiers à titre gracieux ;

- la mesure sollicitée lui permettra de bénéficier d'une autorisation de travail sur le territoire métropolitain ;

- elle ne fait obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2024, le préfet du Nord conclut qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.

Il fait valoir que la demande du requérant a été acceptée et qu'un titre de séjour comportant une adresse modifiée est en cours de fabrication.

M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision ".

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. M. A a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 octobre 2024. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces conclusions.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

3. Il ressort des écritures en défense du préfet du Nord ainsi que des pièces qu'il produit que la demande de changement d'adresse de M. A a été acceptée, et qu'un nouveau titre de séjour est en cours de fabrication. Ainsi, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. A sont privées d'objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

4. M. A étant admis à l'aide juridictionnelle, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Fortunato, avocate de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Fortunato de la somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. A tendant à l'admission à l'aide juridictionnelle à titre provisoire et aux fins d'injonction et d'astreinte.

Article 2 : Sous réserve que Me Fortunato renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Fortunato, avocate de M. A, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 28 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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