lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408847 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 23 août 2024, M. A C et Mme B C F, représentés par Me Robiquet, demandent au juge des référés :
1°) sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de la décision implicite par laquelle la commission de l'académie de Lille a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé à l'encontre de la décision du 2 juillet 2024 par laquelle le directeur des services départementaux de l'éducation nationale du Nord a refusé de les autoriser à instruire en famille leur fille mineure E C F, ainsi que celle de cette dernière décision, jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur leur légalité ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Lille de leur accorder l'autorisation demandée ou, à défaut, de procéder au réexamen de la situation dans les meilleurs délais à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement de la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la condition d'urgence est remplie eu égard à l'imminence de la rentrée de l'année scolaire 2024-2025 et du risque sanitaire qu'encourt la jeune E en cas d'exécution des décisions litigieuses ;
- il existe un doute sérieux quant à la légalité des décisions attaquées :
- elles méconnaissent l'article L. 131-5 et l'article R. 131-11-2 du code de l'éducation ;
- elle sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2024, la rectrice de région académique, rectrice de l'académie de Lille, conclut à ce qu'il n'y a pas lieu de statuer sur la requête.
Elle soutient que, par décision du 28 août 2024, la commission de l'académie de Lille a accordé aux requérants l'autorisation d'instruire en famille la jeune E au titre de l'année scolaire 2024-2025 et que la requête, d'ailleurs prématurée à la date à laquelle elle a été enregistrée, est ainsi devenue sans objet.
Par un mémoire, enregistré le 29 août 2024, M. C et Mme C F, représentés par Me Robiquet, déclarent se désister des conclusions de leur requête aux fins de suspension et d'injonction.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête n° 2408846 du 23 août 2024 aux fins d'annulation des décisions attaquées.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. D, premier vice-président, pour statuer sur les demandes en référé.
L'affaire a été radiée du rôle de l'audience publique du 29 août 2024 à 14 h 00.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ". Aux termes de l'article R. 222-1 du même code : " Les () présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements / () / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens () ".
2. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu'il y avait lieu, non de la rejeter en l'état pour l'un des motifs mentionnés à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d'engager la procédure prévue à l'article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement. S'agissant d'une requête présentée au juge des référés du tribunal administratif, son président ainsi que les magistrats qu'il désigne à cet effet, peuvent alors, par ordonnance prise sur le fondement du 1° de l'article R. 222-1 et sans tenir d'audience, donner acte du désistement.
3. D'une part, M. C et Mme C F déclarent se désister des conclusions de leur requête présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative et aux fins d'injonction. Ce désistement étant pur et simple, rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
4. D'autre part, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à M. C et Mme C F d'une somme de 800 euros au titre des frais exposés par eux dans la présente instance et non compris dans les dépens.
O R D O N N E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions de la requête de M. C et Mme C F présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative ainsi qu'à celles aux fins d'injonction.
Article 2 : L'Etat versera à M. C et Mme C F une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C et Mme B C F et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Lille.
Fait à Lille, le 9 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
Y. D
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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