jeudi 12 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2408943 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 août 2024, Mme et M. E F, représentés par la Selas Nausica avocats, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de la décision du 28 août 2024 par laquelle le président de la commission de l'académie de Lille a rejeté le recours administratif préalable obligatoire qu'ils ont formé, sur le fondement des dispositions de l'article D. 131-11-10 du code de l'éducation, contre la décision du 15 juillet 2024 par laquelle la rectrice de l'académie de Lille a refusé de leur délivrer l'autorisation d'instruire leur fille C dans la famille ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Lille de leur délivrer l'autorisation sollicitée à titre provisoire, ou, subsidiairement, de réexaminer leur demande ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- il y a urgence compte tenu de l'imminence de la rentrée scolaire et des conséquences de la décision attaquée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur de droit au regard des dispositions du 4° de l'article L. 131-5 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît l'intérêt supérieur de leur enfant garanti par les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- il appartient à la rectrice de l'académie de Lille de démontrer que la commission de l'académie de Lille était régulièrement composée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 septembre 2024, la rectrice de l'académie de Lille conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens invoqués ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 27 août 2024 sous le numéro 2408941 par laquelle M. F demandent l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Potet, greffier d'audience, M. A a lu son rapport et entendu :
- les observations Me Fouret, représentant Mme et M. F, qui abandonne le moyen tiré de l'erreur de droit et soutient, en outre, que M. F a nécessairement été recruté par la voie du concours externe des gardiens de la paix conformément aux dispositions de l'article 6 du décret n° 2004-1439 du 23 décembre 2004 portant statut particulier du corps d'encadrement et d'application de la police nationale, ce qui suppose qu'il est bien titulaire d'un diplôme de niveau baccalauréat ou équivalent, bien qu'il ne puisse en justifier matériellement, que Mme et M. F pourraient bénéficier de la valorisation des acquis de leur expérience en application de l'article L. 131-10-1 du code de l'éducation et du décret n° 2022-1221 du 9 septembre 2022 relatif à la valorisation des acquis de l'expérience des personnes autorisées à donner l'instruction dans la famille ;
- les observations de Mme D, représentant la rectrice de l'académie de Lille, qui fait valoir qu'en tout état de cause, Mme et M. F se sont tous deux déclarés personne chargée d'instruire les enfants et que ni Mme F ni M. F ne justifient d'un diplôme de niveau baccalauréat ou équivalent.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
2. En l'état de l'instruction, aucun des moyens invoqués n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée. Par suite, les conclusions aux fins de suspension de l'exécution de la décision attaquée et d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente espèce, partie perdante, la somme que demandent les requérants sur leur fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme et M. F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B F, M. E F et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse.
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Lille.
Fait à Lille, le 12 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. A
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
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