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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2409077

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2409077

mardi 10 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2409077
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET CENTAURE AVOCATS

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par M. B, ressortissant camerounais, d’une requête en référé-liberté sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, afin d’obtenir la délivrance d’un récépissé de demande de renouvellement de titre de séjour. Le préfet du Nord a produit, en cours d’instance, une attestation de prolongation d’instruction valable jusqu’au 1er décembre 2024, ayant la même portée qu’un récépissé. Le juge des référés a constaté que cette délivrance rendait les conclusions de M. B sans objet et a prononcé un non-lieu à statuer.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 2 septembre 2024 et un mémoire enregistré le 5 septembre 2024, M. A B demande au juge des référés :

- d'enjoindre au préfet du Nord, en application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer le récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie, dès lors que l'absence de délivrance du récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour, d'une part, le prive d'exercer une activité professionnelle et de percevoir des revenus du travail et des aides sociales, alors même qu'il a deux enfants à charge, d'autre part, l'expose à un risque d'expulsion de son logement faute de pouvoir s'acquitter de ses loyers ;

- le refus de lui délivrer un récépissé porte une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté " d'être " et de travailler.

Par un mémoire enregistré le 4 septembre 2024, le préfet du Nord conclu au rejet de la requête.

Il fait valoir que la condition de l'urgence n'est pas remplie, dès lors que M. B a été rendu destinataire d'une attestation de prolongation d'instruction de sa demande pour la période du 2 septembre 2024 au 1er décembre 2024.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Huguen, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 5 septembre 2024 :

- le rapport de M. Huguen ;

- les observations de M. B qui conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens que sa requête. M. B soutient que l'attestation de prolongation d'instruction de sa demande pour la période du 2 septembre 2024 au 1er décembre 2024 ne lui permet pas de rejoindre le Cameroun ;

- les observations de Me Onmol Khan, pour le préfet du Nord, qui conclut aux mêmes fins que son mémoire en défense par les mêmes moyens

Le préfet du Nord n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

1. M. A B, ressortissant camerounais, né le 5 janvier 1996 à Douala (République du Cameroun), a été mis en possession d'une carte de séjour temporaire valable jusqu'au 8 décembre 2023. Le 23 septembre 2023, M. B a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour temporaire. Le préfet du Nord, qui n'avait pas délivré à M. B le récépissé prévu par les dispositions de l'article R. 311-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a délivré, après que celui-ci s'était désisté de son action devant le juge des référés, une attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de sa carte de séjour temporaire valable du 18 janvier 2024 au 17 avril 2024. Le préfet du Nord, ensuite, lui a délivré une deuxième attestation de prolongation d'instruction valable jusqu'au 11 juillet 2024, puis une troisième valable jusqu'au 13 août 2024. En dépit de ses tentatives de joindre les services de la préfecture du Nord, M. B n'a pas été rendu destinataire d'une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour. M. B demande au juge des référés d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le récépissé de sa demande de renouvellement de titre de séjour.

2. Il est constant que M. B a, le 23 septembre 2023, antérieurement à l'expiration de la validité de sa carte de séjour temporaire, sollicité le renouvellement de son titre. Il est constant, également, que le préfet du Nord, un an après avoir accusé réception de la demande de M. B, ne s'était pas encore prononcé. Il est constant, enfin, que M. B n'a été rendu destinataire d'une première attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire qu'à la suite de son action, le 12 janvier 2024, devant le juge des référés (instance n° 2400551). Ainsi, M. B, à la date de l'introduction de la requête, se trouvait, faute pour le préfet du Nord de lui avoir délivré une nouvelle attestation de prolongation d'instruction de sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire, en situation irrégulière depuis le 13 août 2024, date de l'expiration de la durée de validité de la dernière attestation de prolongation du délai d'instruction qui lui avait été délivrée. Toutefois, le préfet du Nord a, par une décision du 2 septembre 2024, intervenue postérieurement à l'introduction de la requête, délivré à M. B une attestation de prolongation d'instruction de sa demande pour la période du 2 septembre 2024 au 1er décembre 2024. Cette attestation, qui a la même portée que le récépissé prévu à l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne que M. B conserve tous les droits qu'il détenait en vertu de sa carte de séjour temporaire et qu'elle l'autorise à franchir les frontières de l'espace Schengen. Dès lors, les conclusions de la requête de M. B tendant à enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer le récépissé de sa demande de renouvellement de carte de séjour temporaire sont, à la date de la présente ordonnance, dépourvues d'objet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces conclusions.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de M. B.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au préfet du Nord et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Fait à Lille, le 10 septembre 2024.

Le juge des référés,

signé

O. HUGUEN

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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