mardi 24 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409495 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 13 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Vergnole, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 22 août 2024 par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de titre de séjour et de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler le temps de ce réexamen sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Vergnole, avocate de M. A, de la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- la requête enregistrée le 13 septembre 2024 sous le n° 2409509 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. M. A, ressortissant guinéen né le 1er février 1998 à Conakry (Guinée), est entré en France irrégulièrement en 2016. Après le rejet définitif de sa demande d'asile par la Cour nationale du droit d'asile le 14 mai 2018, il a obtenu un titre de séjour pour raisons de santé valable du 18 décembre 2018 au 17 juin 2019. Par un arrêté du 16 avril 2020, le préfet du Nord a rejeté sa première demande de renouvellement de ce titre. Par un jugement n° 2102758 du 4 juin 2021, le tribunal a toutefois annulé cet arrêté et enjoint au préfet de réexaminer la demande de M. A. Le préfet a alors délivré à M. A un titre de séjour pour raisons de santé valable du 16 juillet 2021 au 15 juillet 2022. M. A demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision du 22 août 2024 par laquelle le préfet a rejeté sa demande de renouvellement de ce titre de séjour.
4. Pour justifier de l'urgence qui s'attache selon lui à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision qu'il attaque, M. A soutient que son état de santé se détériore rapidement du fait de l'incertitude et de la précarité dans lesquelles elle le plonge, et que les précédentes interruptions dans la délivrance de ses titres de séjour ont entraîné une hospitalisation sans consentement du 6 août 2023 au 4 octobre 2023. Toutefois, l'affirmation selon laquelle M. A n'aurait pas bénéficié de récépissés de ses demandes de titre de séjour de manière continue n'est pas étayée, alors que l'article 2 de la décision attaquée abroge le récépissé détenu par M. A. M. A ne démontre pas davantage l'existence d'un lien entre la régularité de son séjour et sa précédente hospitalisation d'office, alors que le compte-rendu de cette dernière mentionne qu'elle est due à une rupture d'un traitement au demeurant pris en charge au titre d'une affection de longue durée exonérante. Enfin le seul certificat médical récent produit par M. A, daté du 29 août 2024, ne fait pas état d'une dégradation de son état de santé mais se borne à affirmer que le suivi régulier de son traitement est indispensable et que sa pathologie nécessite une vie stable. M. A ne démontre ainsi pas la nécessité d'une intervention à bref délais du juge des référés.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté et sans qu'il y ait lieu d'accorder à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Lille, le 24 septembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. TERME
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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