vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2409678 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | juge unique (8) |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 septembre 2024, M. A C demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 13 septembre 2024 par lequel le ministre de l'intérieur et des outre-mer a renouvelé, pour une durée de trois mois, à compter du 24 septembre 2024, les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance prises à son encontre par l'arrêté du 19 juin 2024.
Il soutient que :
- la décision attaquée méconnaît le droit à une procédure équitable dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter des observations préalablement à son édiction ;
- aucun fait nouveau ne justifie le renouvellement des mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance dont il a fait l'objet ;
- il ne représente pas une menace pour la sécurité publique et pour la société, n'adhère pas à une idéologie extrémiste et a respecté, depuis sa condamnation pénale, toutes les obligations qui lui étaient imposées ;
- l'interdiction qui lui est faite de se déplacer en dehors du territoire de la commune d'Avion est contraignante dès lors qu'il s'agit d'une petite ville où il n'y a pas de magasins et où il n'y a rien à faire en terme de loisirs ; il ne peut pas faire ses démarches administratives ; il ne peut plus travailler dans sa branche qui est le bâtiment ; son contrat de formation au permis de conduire a été suspendu en raison de l'impossibilité de terminer ses heures de conduites ; il ne peut plus rendre visite à ses proches, notamment sa tante paternelle qui réside dans un foyer d'accueil médicalisé et sa tante maternelle qui a subi une intervention chirurgicale.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2024, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance du principe du contradictoire est inopérant dès lors que les dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration ne sont pas applicables en vertu du 3° de l'article L. 121-2 du code de la sécurité intérieure aux mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance prises sur le fondement des articles L. 228-1 et suivants du même code, lequel prévoit une procédure contradictoire dérogatoire a posteriori au regard de l'objectif de prévention de la sécurité publique en évitant la fuite de l'intéressé ;
- les faits précis et circonstanciés qui fondent l'arrêté attaqué figurent notamment dans une note des services de renseignements versée aux débats confirment que le requérant représente une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et à l'ordre publics dès lors qu'il a été condamné à deux reprises pour des faits d'apologie du terrorisme, que l'exploitation des divers supports numériques saisis à l'occasion de la visite domiciliaire du 20 octobre 2020, a permis la découverte de nombreux contenus pro-jihadistes, que l'intéressé a fait preuve d'une grand désinvolture à l'encontre de la première mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance édictée à son encontre le 19 juin 2024 en ne respectant pas les obligations qui lui étaient prescrites, ce qui a conduit à sa condamnation par le tribunal judiciaire à une peine de quatre-vingt-dix jours d'amende et que son profil d'homme jeune radicalisé par le biais des réseaux sociaux fait de lui une cible de choix pour la propagande des organisations terroristes extérieures appelant à commettre des actions violentes ;
- il résulte également de la note des services de renseignement que le requérant doit être regardé comme entrant habituellement en relation avec des personnes ou organisation incitant à la commission d'acte de terrorisme et comme adhérant à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes dès lors qu'en dépit de ses condamnations pénales, l'intéressé entretient depuis 2018 un important réseau relationnel avec des individus connus pour leur adhésion à l'idéologie djihadiste dont il partage pleinement l'idéologie et qu'il a affiché sur les réseaux sociaux à plusieurs reprises ses convictions pro-djihadistes ;
- contrairement à ce que soutient le requérant, le premier renouvellement de la mesure individuelle de contrôle administratif et de surveillance n'est pas conditionné par l'existence d'élément nouveau ou complémentaire mais reste subordonné aux conditions prévues pour l'édiction de la première mesure de police, ce qui est le cas en l'espèce ;
- le requérant n'apporte aucun élément de nature à établir que la mesure prise à son encontre aurait affecté son travail et fait obstacle à ce qu'il respecte son contrat de formation au permis de conduire et que sa famille ne serait pas en mesure de lui rendre visite ; l'interdiction de se déplacer porte sur le territoire d'Avion, commune de 18 000 habitants qui dispose de lieux de loisir à l'instar d'une piscine municipale, d'un ensemble de commerces de première nécessité ainsi que d'un centre hospitalier ; les restrictions imposées au requérant pour une durée limitée apparaissent nécessaires et proportionnées à la menace qu'il représente.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de la sécurité intérieure ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme a été entendu au cours de l'audience publique.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C, ressortissant français né le 7 avril 2002, a fait l'objet, par un arrêté du ministre de l'intérieur et des outre-mer du 19 juin 2024, de mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance en application de l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure, lui faisant, pour une durée de trois mois, et sous peines d'emprisonnement et d'amende, interdiction de se déplacer en dehors de la commune d'Avion, à moins d'avoir obtenu préalablement une autorisation écrite (sauf-conduit), obligation de se présenter une fois par jour, à 7h00, au commissariat de cette ville, y compris les dimanches ainsi que les jours fériés et chômés, et d'y déclarer son lieu d'habitation dans un délai de vingt-quatre heures ainsi que tout changement de domicile et interdiction de se trouver en relation directe ou indirecte avec neuf individus nommément désignés. Par un arrêté du 13 septembre 2024, prenant effet le 24 septembre suivant, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a renouvelé ces mesures. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure : " Aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme, toute personne à l'égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics et qui soit entre en relation de manière habituelle avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, soit soutient, diffuse, lorsque cette diffusion s'accompagne d'une manifestation d'adhésion à l'idéologie exprimée, ou adhère à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes peut se voir prescrire par le ministre de l'intérieur les obligations prévues au présent chapitre. ". Aux termes de l'article L. 228-2 du même code : " Le ministre de l'intérieur peut () faire obligation à la personne mentionnée à l'article L. 228-1 de : / 1° Ne pas se déplacer à l'extérieur d'un périmètre géographique déterminé, qui ne peut être inférieur au territoire de la commune. La délimitation de ce périmètre permet à l'intéressé de poursuivre une vie familiale et professionnelle et s'étend, le cas échéant, aux territoires d'autres communes ou d'autres départements que ceux de son lieu habituel de résidence ; / 2° Se présenter périodiquement aux services de police ou aux unités de gendarmerie, dans la limite d'une fois par jour, en précisant si cette obligation s'applique les dimanches et jours fériés ou chômés ; / 3° Déclarer et justifier de son lieu d'habitation ainsi que de tout changement de lieu d'habitation. / L'obligation prévue au 1° du présent article peut être assortie d'une interdiction de paraître dans un ou plusieurs lieux déterminés se trouvant à l'intérieur du périmètre géographique mentionné au même 1° et dans lesquels se tient un événement exposé, par son ampleur ou ses circonstances particulières, à un risque de menace terroriste. Cette interdiction tient compte de la vie familiale et professionnelle de la personne concernée. Sa durée est strictement limitée à celle de l'événement, dans la limite de trente jours. Sauf urgence dûment justifiée, elle doit être notifiée à la personne concernée au moins quarante-huit heures avant son entrée en vigueur. / Les obligations prévues aux 1° à 3° du présent article sont prononcées pour une durée maximale de trois mois à compter de la notification de la décision du ministre. Elles peuvent être renouvelées par décision motivée, pour une durée maximale de trois mois, lorsque les conditions prévues à l'article L. 228-1 continuent d'être réunies. Au-delà d'une durée cumulée de six mois, chaque renouvellement est subordonné à l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article ne peut excéder douze mois. Les mesures sont levées dès que les conditions prévues à l'article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. / Toute décision de renouvellement des obligations prévues aux 1° à 3° du présent article est notifiée à la personne concernée au plus tard cinq jours avant son entrée en vigueur. La personne concernée peut demander au président du tribunal administratif ou au magistrat qu'il délègue l'annulation de la décision dans un délai de quarante-huit heures à compter de sa notification. Il est statué sur la légalité de la décision au plus tard dans un délai de soixante-douze heures à compter de la saisine du tribunal. Dans ce cas, la mesure ne peut entrer en vigueur avant que le juge ait statué sur la demande. / () ". Aux termes de l'article L. 228-5 de ce code : " Le ministre de l'intérieur peut, après en avoir informé le procureur de la République antiterroriste et le procureur de la République territorialement compétent, faire obligation à toute personne mentionnée à l'article L. 228-1, y compris lorsqu'il est fait application des articles L. 228-2 à L. 228-4, de ne pas se trouver en relation directe ou indirecte avec certaines personnes, nommément désignées, dont il existe des raisons sérieuses de penser que leur comportement prononcée pour une durée maximale de six mois à compter de la notification de la décision du ministre. Au-delà d'une durée cumulée de six mois, le renouvellement est subordonné à l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires. La durée totale cumulée de l'obligation prévue au premier alinéa du présent article ne peut excéder douze mois. L'obligation est levée dès que les conditions prévues à l'article L. 228-1 ne sont plus satisfaites. () ". Enfin, aux termes de l'article L. 228-6 du même code : " Les décisions du ministre de l'intérieur prises en application des articles L. 228-2 à L. 228-5 sont écrites et motivées. La définition des obligations prononcées sur le fondement de ces articles tient compte, dans le respect des principes de nécessité et de proportionnalité, des obligations déjà prescrites par l'autorité judiciaire. A l'exception des mesures prises sur le fondement de l'article L. 228-3, le ministre de l'intérieur ou son représentant met la personne concernée en mesure de lui présenter ses observations dans un délai maximal de huit jours à compter de la notification de la décision ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions que le législateur a entendu assortir les décisions portant mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance d'une procédure contradictoire permettant aux intéressés de présenter des observations dans un délai de huit jours à compter de la notification de la décision. Il a ainsi, s'agissant de la prévention de la commission des actes de terrorisme, entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution de ces mesures et, par suite, aménager les droits de la défense qui se trouvent, par là même, respectés.
4. Il ressort des mentions de l'article 9 de l'arrêté attaqué que M. C a été informé qu'il pouvait présenter des observations écrites ou orales dans un délai de huit jours, en application des dispositions de l'article L. 228-6 du code de sécurité intérieure. Les motifs de cet arrêté étaient suffisamment précis pour qu'il puisse, à cet égard, faire valoir toute observation dans ce délai, et contester le cas échéant les considérations de fait fondant la décision. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'intéressé n'aurait pas été mis en mesure de présenter de telles observations. Contrairement à ce que soutient le requérant, il ne résulte d'aucune disposition du code de la sécurité intérieure que le ministre de l'intérieur était tenu de recueillir préalablement ses observations avant l'intervention de l'arrêt attaqué. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit à une procédure équitable doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 228-2 du code de la sécurité intérieure que le premier renouvellement d'une mesure de contrôle n'est, contrairement aux éventuels renouvellements suivants au-delà d'une durée cumulée de six mois, pas conditionné par l'existence d'éléments nouveaux ou complémentaires la justifiant par rapport à la première mesure prononcée, mais reste subordonné aux conditions prévues pour l'édiction de la mesure initiale, mentionnés à l'article L. 228-1 de ce code, qui doivent continuer d'être réunies. Par suite, le moyen tiré de ce que, la décision est illégale en l'absence d'éléments nouveaux doit être écarté.
6. En troisième lieu, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure que les mesures qu'il prévoit doivent être prises aux seules fins de prévenir la commission d'actes de terrorisme et sont subordonnées à deux conditions cumulatives, la première tenant à la menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics résultant du comportement de l'intéressé, la seconde aux relations qu'il entretient avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme ou, de façon alternative, au soutien, à la diffusion ou à l'adhésion à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes. En outre, s'agissant des mesures prises en application de l'article L. 228-2 du même code, leur durée ne peut être initialement prononcée ou renouvelée que pour une durée maximale de trois mois, chaque renouvellement au-delà d'une durée de six mois étant subordonné enfin à la production par le ministre de l'intérieur d'éléments nouveaux ou complémentaires.
7. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la note précise et circonstanciée dressée par les services de renseignement et produite en défense par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, que M. C est connu des services de police et judiciaires comme un jeune homme radicalisé par le biais des réseaux sociaux. L'intéressé a ainsi fait l'objet, le 25 septembre 2019, d'une condamnation par le tribunal pour enfants B à une peine de quatre mois d'emprisonnement assorti d'un sursis avec mise à l'épreuve pour des faits de provocation directe à un acte de terrorisme et d'apologie publique d'un acte de terrorisme, tous deux commis au moyen d'un service de télécommunication au public en ligne. En raison de la poursuite de ses activités pro-djihadistes sur les réseaux sociaux, l'intéressé a, de nouveau, été condamné, le 15 février 2021, par le tribunal judiciaire B à une peine de dix mois d'emprisonnement dont huit mois de sursis pour des faits d'apologie publique d'un acte de terrorisme commis au moyen d'un service de communication au public en ligne, ce qui a entraîné la révocation du sursis prononcé lors de sa précédente condamnation à hauteur de deux mois. En outre, l'exploitation des divers supports numériques saisis à l'occasion de la visite domiciliaire du 20 octobre 2020 autorisée par le juge des libertés et de la détention, a permis la découverte de nombreux contenus pro-jihadistes, notamment des vidéos de propagande de l'organisation Etat islamiste, d'exécution à l'arme de poing, des photographies de combattants jihadistes, des cartographies du Mali et de la Syrie ainsi que des articles émanant des organes de presse de l'organisation Etat islamique. Enfin, M. C a été interpellé le 1er août 2024 pour s'être déplacé, à plusieurs reprises, en dehors du périmètre déterminé par l'arrêté du 19 juin 2024 portant mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance, avant d'être condamné le 5 août suivant par le tribunal judiciaire de Béthune à une peine de quatre-vingt-dix jours d'amende.
8. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier qu'en dépit de ses condamnations pénales pour des faits de terrorisme, M. C entretient depuis l'âge de seize ans un important réseau relationnel avec des individus connus pour leur adhésion à l'idéologie djihadiste, dont certains ont été remarqués sur les réseaux sociaux pour leur soutien ouvertement affiché à l'organisation terroriste Etat islamique ou ont fait l'objet de lourdes condamnation pénales pour des faits de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme. Le requérant a persisté à entretenir des contacts avec des individus acquis aux thèses pro-djihadistes après sa brêve période d'incarcération en 2021 et a rencontré physiquement l'un d'entre eux au printemps 2022 et en août 2023. Par ailleurs, M. C a affiché à plusieurs reprises sur les réseaux sociaux ses convictions pro-djihadistes en publiant en 2018 sur son compte de réseau social " Nur ad Dine " de nombreuses images à caractère jihadiste et en diffusant, le 4 décembre 2018, sur un groupe Télégramme " la vérité souveraine " une affiche présentant un combattant armé, au-dessus d'un manifestant " Gilet jaune " avec la mention invitant à la commission d'actes de violences à l'occasion des manifestations des " gilets jaunes ". En outre, l'exploitation de son téléphone et de son ordinateur saisis au cours de la perquisition menée à son domicile à la suite de son interpellation du 8 décembre 2018, a révélé la présence de nombreux fichiers audio et vidéo de propagande des organisation terroristes Etat islamique et Al-Qaïda, dont deux scènes d'exécution de prisonniers. Lors de sa garde à vue, l'interessé a reconnu spontanément son adhésion aux thèses jihadistes. Enfin, il a été abonné en avril 2021, sur le réseau social Twitter, à un compte relayant du contenu pro-jihadiste.
9. Il résulte de ce qui précède et compte tenu du contexte actuel marqué par un risque élevé d'attentat terroriste ainsi que par les morts récents, à la suite de frappes de l'armée israélienne, du chef militaire de l'organisation terroriste Hezbollah et celle du chef du bureau politique du Hamas le 31 juillet 2024, que le ministre de l'intérieur et des outre-mer, en estimant que les deux conditions cumulatives tenant à la menace d'une particulière gravité pour la sécurité et l'ordre publics ainsi qu'au soutien, la diffusion ou l'adhésion à des thèses incitant à la commission d'actes de terrorisme ou faisant l'apologie de tels actes et aux relations entretenues avec des personnes ou des organisations incitant, facilitant ou participant à des actes de terrorisme, étaient toujours réunies pour renouveler les mesures individuelles de contrôle administratif et de surveillance dont faisait l'objet M. C, n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 228-1 du code de la sécurité intérieure.
10. En dernier lieu, M. C fait valoir que les restrictions de déplacement auxquelles il est soumis par l'arrêté attaqué au sein de la commune d'Avion compromettent son activité professionnelle et portent atteinte à sa liberté d'aller et venir ainsi qu'à sa vie privée et familiale dès lors qu'il ne peut pas accomplir la totalité de ses démarches administratives au sein de la commune d'Avion, que son contrat de formation au permis de conduire a été suspendu en raison de l'impossibilité de terminer ses heures de conduite et qu'il ne peut plus rendre visite à ses proches, notamment sa tante paternelle qui réside dans un foyer d'accueil médicalisé et sa tante maternelle qui a subi une intervention chirurgicale. Toutefois, l'intéressé ne produit aucune pièce relative à ses contraintes professionnelles ou administratives. En outre, il lui est loisible de solliciter un sauf-conduit pour se rendre à ses rendez-vous administratifs ou professionnels, ce qu'il ne justifie pas avoir fait. L'intéressé peut, en outre, demander la modification de son horaire de pointage au commissariat d'Avion. Par ailleurs, les proches de l'intéressé peuvent lui rendre visite à son domicile. Enfin, contrairement à ce que soutient le requérant, la commune d'Avion, qui compte plus de 18 000 habitants, dispose de structures de loisir et d'un ensemble de commerces de première nécessité. Dans ces conditions, et alors que les mesures de la nature de celles en cause emportent, par hypothèse, une restriction de la liberté de circulation pour une durée limitée et peuvent éventuellement faire l'objet d'aménagement, l'arrêté attaqué ne porte pas au droit du requérant à sa liberté d'aller et venir une atteinte disproportionnée au but d'ordre public en vue duquel il a été pris et ne porte pas davantage une atteinte excessive à sa vie privée et familiale.
11. Il résulte de tout de ce qui précède que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué. Par suite, sa requête doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 septembre 2024.
La présidente-rapporteure,
La greffière,
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026