mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410133 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 2 octobre 2024, M. C A B A, représenté par Me Girsch, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) de suspendre, en application de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de l'arrêté du 24 juillet 2024 par lequel le préfet du Nord a rejeté sa demande tendant au renouvellement de son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa demande et de lui délivrer, dans l'attente une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au cas où l'aide juridictionnelle lui serait refusée.
Il soutient :
Sur l'urgence, que :
- cette condition est réputée satisfaite s'agissant d'un refus de renouvellement d'un titre de séjour ;
- en l'absence de document lui permettant de justifier de la régularité de son séjour sur le territoire français, il ne peut poursuivre sa formation en alternance et par suite la validation de son cursus d'études ;
Sur le doute sérieux, que :
- la décision de refus de titre est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle méconnait l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît également l'article L. 433-3 du même code ;
- elle méconnait aussi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu :
- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 24 juillet 2024, le préfet du Nord a rejeté la demande de titre de séjour en tant qu'étudiant déposée par M. A B A, ressortissant de la République démocratique du Congo, né le 12 décembre 1996, et a assorti cette décision d'une obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, d'une interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'un an et de la fixation du pays de destination. Par la présente requête, M. A B A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, de suspendre l'exécution de l'arrêté du 24 juillet 2024 uniquement en ce qu'il porte refus de titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui établit qu'il suit un enseignement en France ou qu'il y fait des études et qui justifie disposer de moyens d'existence suffisants se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant " d'une durée inférieure ou égale à un an. / () / Cette carte donne droit à l'exercice, à titre accessoire, d'une activité professionnelle salariée dans la limite de 60 % de la durée de travail annuelle. " Le moyen tiré d'une atteinte au droit à la vie familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant pour contester le refus de renouveler un titre de séjour en qualité d'étudiant, qui résulte seulement d'une appréciation de la réalité et du sérieux des études poursuivies.
4. M. A B A est entré en France, le 16 septembre 2019 selon ses déclarations, muni d'un visa de long séjour pour poursuivre ses études. A la date de la décision contestée, il n'avait toutefois validé aucune année d'études supérieures. Inscrit en première année de licence de sciences exactes et de sciences de l'ingénierie en 2019/2020 et à nouveau en 2020/2021, il s'est réorienté d'abord pour suivre un brevet de technicien supérieur en alternance de management commercial opérationnel à Soissons de janvier 2021 à juin 2022, puis dans ce même cursus mais à Villeneuve d'Ascq à compter de septembre 2023. Le requérant fait valoir qu'il a été victime d'une maladie grave qui l'a empêché de valider ses différents cursus. Toutefois, s'il joint ses dossiers hospitaliers de 2020 à 2024, il résulte de ces éléments qu'il n'a été hospitalisé que les 12 août 2020, 25 août 2020, 13 août 2020 et 1er janvier 2021 pour une journée avant d'être hospitalisé pour une plus longue durée du 23 mars 2021 au 22 avril 2021. Par ailleurs, il résulte également de ces éléments qu'il a été considéré comme guéri à compter de mars 2022. Compte tenu de ces éléments, il est manifeste, en l'état de l'instruction, qu'aucun des moyens invoqués par M. A B A n'est de nature à faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu d'admettre M. A B A au bénéfice de l'aide juridictionnelle et sans qu'il soit besoin d'examiner si la condition tenant à l'urgence est remplie, qu'il y a lieu de rejeter la requête, y compris les conclusions tendant au prononcé d'une injonction et celles relatives aux frais liés aux dépens, selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A B A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A B A.
Une copie sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 15 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. PERRIN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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