mercredi 23 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410277 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 octobre 2024, M. B A, représenté par Me Ekwalla-Mathieu, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre l'exécution de la décision du 26 septembre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a mis en demeure de quitter le local à usage d'habitation qu'il occupe sans droit ni titre 39 rue Emile Borel à Lille.
Vu :
- la requête enregistrée le 8 octobre 2024 sous le n° 2410332 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie la suspension de l'exécution d'un acte administratif lorsque celui-ci porte atteinte de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire.
3. M. A demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de l'arrêté du 26 septembre 2024 par lequel le préfet du Nord l'a mis en demeure de quitter le logement qu'il occupe sans droit ni titre 39 rue Émile Borel à Lille dans le délai de 7 jours à compter de la notification du cet arrêté et prescrit qu'à défaut, il serait procédé à l'évacuation de ce logement avec le concours de la force publique.
4. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon lui, à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de cet arrêté, M. A se borne à affirmer qu'il ne dispose d'aucune ressource et ne peut retourner dans un campement de gens du voyage, et à produire une note sociale peu circonstanciée. Toutefois, M. A n'a saisi le juge des référés que le 8 octobre 2024, soit postérieurement à l'expiration du délai fixé par l'arrêté qu'il conteste, et a donc concouru à la réalisation de la situation d'urgence dont il se prévaut. Par ailleurs, M. A ne verse au dossier aucune pièce justificative de ses affirmations, hormis la note sociale précédemment mentionnée, et ne donne aucune précision sur son état-civil, sa situation personnelle et familiale, ou les démarches qu'il aurait précédemment entreprises pour obtenir un logement ou un hébergement d'urgence. Par suite, M. A ne justifie pas d'une situation d'urgence au sens des dispositions précitées.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté et sans qu'il y ait lieu d'accorder à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Lille, le 23 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé
D. TERME
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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