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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2410386

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2410386

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2410386
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDANGLETERRE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi en référé suspension par M. B, qui contestait le rejet implicite de sa demande de renouvellement de certificat de résidence. En cours d'instance, le préfet a délivré un certificat de résidence de dix ans au requérant, rendant sans objet les conclusions aux fins de suspension et d'injonction. Le juge a constaté ce non-lieu à statuer et a mis à la charge de l'État une somme de 800 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive à l'aide juridictionnelle. La décision se fonde sur les articles L. 521-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 octobre 2024, M. A B, représenté par Me Dangleterre, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de renouvellement de son certificat de résidence ;

2°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un certificat de résidence de dix ans, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la condition d'urgence est remplie dès lors que sa situation au regard du séjour l'empêche de trouver un emploi et le maintient dans une situation de précarité financière ;

- la décision attaquée :

- méconnaît l'article 7 bis de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;

- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 10 octobre 2024 sous le n° 2410406 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue le 23 octobre 2024 en présence de M. Metallaghi, greffier d'audience, M. Terme a lu son rapport et entendu les observations de Me Dangleterre, représentant M. B. Le préfet du Nord n'était ni présent, ni représenté.

La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

1. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée () par la juridiction compétente () ". L'article 61 du décret du 28 décembre 2020 prévoit que : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué () ".

2. Il y a lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

4. En cours d'instance, le préfet a produit un extrait de l'application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France dont il ressort qu'un certificat de résidence d'une durée de dix ans valable jusqu'au 22 octobre 2034 a été édité le 23 octobre 2024 au bénéfice du requérant. Eu égard à l'office du juge des référés, les conclusions du requérant aux fins de suspension et d'injonction ont donc perdu leur objet et il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. M. B étant admis, à titre provisoire, à l'aide juridictionnelle, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Dangleterre, avocat de M. B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat et sous réserve de l'admission définitive de son client à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Dangleterre de la somme de 800 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. B.

O R D O N N E :

Article 1er : M. B est admis à l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de M. B aux fins de suspension et d'injonction.

Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. B à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Dangleterre renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Dangleterre, avocat de M. B, une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. B par le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 800 euros sera versée à M. B.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à Me Dangleterre et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera transmise au préfet du Nord.

Fait à Lille, le 25 octobre 2024.

Le juge des référés,

Signé

D. TERME

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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