mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2410445 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 11 octobre 2024, Mme C A B, représentée par Me Berthe, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement refusé de lui délivrer une carte de résident ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa demande sans délai sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Berthe, avocat de Mme A B, de la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ou, en cas de refus d'octroi de l'aide juridictionnelle, de lui verser directement la même somme au titre de l'article L. 761 1 du code de justice administrative.
Vu :
- la requête enregistrée le 11 octobre 2024 sous le n° 2410437 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du retrait de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
3. Mme A B, ressortissante congolaise née le 11 août 1966 à Kinshasa (république du Congo), s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée par décision de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 31 août 2022. Elle a sollicité le 9 novembre 2022 la délivrance d'une carte de résident en cette qualité et a reçu plusieurs attestations de prolongation de l'instruction de sa demande dont la dernière expire le 5 mars 2025. Elle demande au juge des référés de suspendre l'exécution de la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande.
4. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon elle, à ce que soit ordonnée la suspension de la décision qu'elle attaque, Mme A B fait valoir qu'elle remplit les conditions pour se voir octroyer le titre qu'elle a sollicité, qu'elle est maintenue dans une situation précaire, et que son époux est décédé et qu'elle doit donc se rendre dans son pays d'origine pour effectuer les démarches nécessaires à la venue de ses enfants en France. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, Mme A B est titulaire d'une attestation de prolongation de l'instruction de sa demande qui expire le 5 mars 2025. Par ailleurs, il ressort des pièces qu'elle produit que son époux est décédé il y a près d'un an, le 22 novembre 2023, et Mme A B ne donne aucune indication concrète sur les conditions de vie de ses enfants depuis lors, ni sur les raisons pour lesquelles il serait indispensable qu'elle retourne dans son pays d'origine afin d'y effectuer des démarches administratives alors qu'elle s'est vu reconnaître la qualité de réfugiée. Ainsi, au regard de l'ensemble de ces éléments, Mme A B ne justifie pas d'une situation d'urgence.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté et sans qu'il y ait lieu d'accorder à Mme A B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de Mme A B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.
Fait à Lille, le 29 octobre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. TERME
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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