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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411720

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411720

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411720
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du 29 août 2024 par laquelle le jury de l’école Centrale de Lille a déclaré M. A non admis à poursuivre ses études. Le juge a estimé qu’aucun des moyens soulevés, notamment l’absence de clarté sur la répartition des crédits ou l’existence d’un détournement de pouvoir, n’était de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision. La requête a été rejetée sur le fondement de l’article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu’il soit nécessaire d’examiner la condition d’urgence.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, M. B A, représenté par Me Lecointre, doit être regardé comme demandant au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de la délibération du 29 août 2024 par laquelle le jury G1 de l'école centrale de Lille l'a déclaré non admis à poursuivre ses études.

Vu :

- la requête enregistrée le 19 novembre 2024 sous le n° 2411722 par laquelle le requérant demande l'annulation de la délibération attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. A a été admis à l'école Centrale Lille en septembre 2022 et a redoublé sa première année de formation durant l'année 2023-2024. Par une délibération du 15 juillet 2024, le jury de première année l'a déclaré non admis à poursuivre ses études, au motif qu'il n'avait pas validé suffisamment de crédits des semestres 5 et 6 et avait déjà été admis à redoubler. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cette délibération et a été autorisé à passer les épreuves de rattrapage. Par une nouvelle délibération du 29 août 2024, le jury l'a de nouveau déclaré non-admis à poursuivre ses études. M. A doit être regardé comme demandant au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cette dernière délibération.

3. A l'appui de sa requête, M. A fait principalement valoir qu'il ne comprend pas les modalités de répartition des crédits qu'il a validés à la suite des épreuves de rattrapage et qu'il n'est pas démontré que les crédits qu'il a obtenus ne permettent pas d'autoriser un passage dans l'année supérieure. Toutefois, d'une part, la nature des crédits qu'il a validés à l'occasion des épreuves de rattrapage, à savoir deux électifs disciplinaires intitulés " électricité pour l'habitat durable " et " prototypage rapide et fabrication additive " relevant des semestres 6 et 8, ressort clairement de la comparaison des deux bulletins de notes qu'il produit, et, d'autre part, M. A n'apporte aucun élément concret, tiré notamment du règlement des études de l'école, qu'il ne produit pas, de nature à accréditer l'idée que la validation de ces deux électifs permettrait de compenser son absence de validation des 60 crédits du tronc commun nécessaires à la validation des semestres 5 et 6 en raison notamment de ses échecs en " algorithmique avancée et programmation " et " analyse pour l'ingénieur ".

4. Par ailleurs, si M. A fait également valoir qu'il a été exclu de son " projet G1-G2 " en raison de son exclusion temporaire de l'établissement, cette affirmation n'est, en tout état de cause, assortie d'aucun élément venant à son soutien, par davantage que les autres affirmations selon lesquelles l'administration de l'établissement serait affectée de dysfonctionnements, ou que la délibération en cause serait entachée de détournement de pouvoir et constitutive d'une sanction déguisée.

5. Ainsi, il est manifeste, au vu de la demande, qu'aucun des moyens invoqués n'est susceptible de faire naître un doute sérieux quant à la légalité de la délibération attaquée. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition d'urgence, la requête de M. A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Fait à Lille, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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