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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2411742

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2411742

mardi 3 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2411742
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de la décision implicite de rejet du préfet du Nord concernant une demande de regroupement familial. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant ayant introduit son recours plus d’un an après la décision implicite sans faire preuve de diligence et sans démontrer une situation d’urgence particulière. L’intervention de Mme D a également été jugée irrecevable pour défaut de forme. La requête a été rejetée sans instruction ni audience en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 novembre 2024, M. C D et Mme B D, représentés par Me Marseille, demandent au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision résultant du silence gardé par le préfet du Nord sur la demande de M. D de regroupement familial au bénéfice de la jeune A D du 26 décembre 2022 ;

2°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa demande et d'y statuer expressément dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par cette requête enregistrée le 19 novembre 2024, Mme D déclare intervenir en demande.

Vu :

- la requête enregistrée le 19 novembre 2024 sous le n° 2411738 par laquelle les requérants demandent l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. et Mme D demandent au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision résultant du silence gardé par le préfet du Nord sur leur demande de regroupement familial au bénéfice de la jeune A D du 26 décembre 2022.

Sur la recevabilité de l'intervention :

3. Aux termes de l'article R 632-1 du code de justice administrative : " L'intervention est formée par mémoire distinct () ".

4. L'intervention de Mme D, n'ayant pas été présentée dans les formes prescrites par les dispositions citées au point précédent, est manifestement irrecevable et ne peut être admise.

Sur les conclusions de M. D :

5. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue sans attendre le jugement de la requête au fond. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

6. Selon l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Au vu du dossier complet de demande de regroupement familial, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration délivrent sans délai une attestation de dépôt de dossier qui fait courir le délai de six mois dont bénéficie l'autorité administrative pour statuer ". Aux termes de l'article R. 434-26 du même code : " L'autorité compétente pour délivrer l'autorisation d'entrer en France dans le cadre du regroupement familial est le préfet et, à Paris, le préfet de police. Cette autorité statue sur la demande de regroupement familial dans un délai de six mois à compter du dépôt par l'étranger du dossier complet de cette demande. L'absence de décision dans ce délai vaut rejet de la demande de regroupement familial ".

7. Il résulte des dispositions citées au point précédent que, les services de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ayant délivré à M. D l'attestation de dépôt de son dossier le 6 avril 2023, cette demande a été implicitement rejetée par le préfet du Nord le 6 octobre 2023. M. D n'a introduit de recours en annulation et en suspension contre cette décision que le 19 novembre 2024, soit plus d'un an après, et ne soutient pas avoir contacté les services du préfet en vue de connaître l'état de sa demande antérieurement au mois de juin 2024, soit plus de huit mois après, sans indiquer les motifs de ce manque de diligence. En outre, il n'est pas soutenu que M. ou Mme D auraient jamais vécu avec la jeune A, et ni l'attestation établie par la sœur du requérant, à la garde de qui la jeune A a été confiée, ni les courriers de Mme D ne permettent d'établir que les conditions de garde actuelle de A seraient constitutives d'une situation actuelle d'urgence particulière.

8. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, la requête de M. D doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : L'intervention de Mme D n'est pas admise.

Article 2 : La requête de M. D est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C D et à Mme B D.

Fait à Lille, le 3 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

Pour expédition conforme,

La greffière,

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