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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2412047

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2412047

mardi 10 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2412047
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de l'arrêté du maire de Roubaix du 26 mars 2024 refusant une autorisation de travaux à la société Sit.hôtels. Le juge a estimé que la condition d'urgence n'était pas remplie, car la cessation d'activité de l'hôtel résultait d'un arrêté de fermeture antérieur non contesté, et la société avait attendu plus de sept mois pour saisir le juge des référés. La requête a été rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans qu'il soit nécessaire d'examiner le doute sérieux sur la légalité de la décision.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 26 novembre 2024, Société Sit.hôtels, représenté par Me Wilinski, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du maire de Roubaix du 26 mars 2024 portant rejet de sa demande d'autorisation de travaux ;

2°) d'enjoindre au maire de Roubaix de réexaminer sa demande ;

3°) de mettre à la charge la commune de Roubaix une somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu :

- la requête enregistrée le 04 juin 2024 sous le n° 2405796 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Le 3 février 2022, dans le cadre d'une visite inopinée, la commission communale de sécurité de Roubaix a émis un avis défavorable à la conformité de l'établissement " Hôtel du centre ", exploité par la société requérante, au règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public. Le 7 juillet 2022, la commission refusait de lever cet avis défavorable au motif, notamment, que la conformité à ses précédentes prescriptions des travaux effectués n'avait pas été vérifiée par un bureau de contrôle. Le 1er décembre 2022, la commission émettait un nouvel avis défavorable sur la demande d'autorisation de travaux déposée par la société requérante le 13 septembre 2022, et cette autorisation était refusée par un arrêté du 6 décembre 2022. Par un arrêté du 24 février 2023, le maire de Roubaix a ordonné la fermeture de l'établissement jusqu'à la levée des non-conformités relevées par l'avis de la commission communale de sécurité du 3 février 2022. Le 3 août 2023, la commission communale de sécurité a émis un avis défavorable à la nouvelle demande d'autorisation de travaux formulée par la société requérante aux motifs que la stabilité au feu des structures et coupe-feu des planchers n'était pas conforme aux dispositions des articles PE 5 et PE 28 du règlement de sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public et qu'un rapport de vérification portant sur les constructions et installations techniques non régularisées n'avait pas été transmis en méconnaissance de l'article PE 4 de ce règlement. Par un arrêté du 26 mars 2024, le maire de Roubaix a refusé l'autorisation d'effectuer les travaux sollicitée par la société requérante le 14 décembre 2023 au vu d'un nouvel avis défavorable de la commission communale de sécurité du 7 mars 2024. La société Sit.hôtels demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de cet arrêté.

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue sans attendre le jugement de la requête au fond. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.

4. Si la société Sit.hôtels fait valoir que la décision attaquée entraîne des conséquences qui préjudicient gravement à sa situation économique, elle n'indique pas avoir contesté l'arrêté portant refus d'autorisation de travaux du 6 décembre 2022, pas plus que l'arrêté du 24 février 2023 ordonnant la fermeture de l'établissement il y a plus d'un an et demi, lequel est la cause directe de la cessation de son activité, et l'arrêté qu'elle conteste lui a été notifié, selon ses propres affirmations, le 8 avril 2024, soit il y a plus de sept mois. Dans ces conditions, dès lors que la société Sit.hôtels ne fait valoir aucune circonstance permettant de caractériser une urgence nouvelle, elle ne peut se prévaloir de l'existence d'une situation d'urgence résultant des conséquences économiques de la décision attaquée, à laquelle elle a contribuée.

5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté, la requête de société Sit.hôtels doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de société Sit.hôtels est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Sit.hôtels.

Fait à Lille, le 10 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

Pour expédition conforme,

La greffière,

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