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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2412118

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2412118

lundi 2 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2412118
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, rejette la demande de M. B, ressortissant togolais, qui sollicitait la délivrance d’un récépissé ou d’un titre de séjour étudiant sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative. Le juge estime que l’urgence particulière requise par ce texte n’est pas établie, faute pour le requérant de démontrer une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, notamment en raison de l’absence de preuve d’un dossier complet et de l’impossibilité de poursuivre ses études. La décision rappelle que M. B peut, s’il justifie de l’urgence, saisir le juge sur le fondement de l’article L. 521-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024, M. A C B demande au juge des référés d'ordonner au préfet du Nord, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer un récépissé de sa demande de titre de séjour ou un titre de séjour portant la mention " étudiant ", dans un délai de 48 heures, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de mettre les dépens à la charge de l'Etat.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, ressortissant togolais, s'est vu délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " étudiant ", valable jusqu'au 25 août 2024. Il demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative d'enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour ou un récépissé de demande.

2. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ". Aux termes de l'article L. 522-1 du même code : " Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu'il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d'y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l'heure de l'audience publique () ". L'article L. 522-3 de ce code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".

3. Il appartient au requérant qui saisit le juge des référés sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de justifier des circonstances particulières caractérisant la nécessité pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure de la nature de celles qui peuvent être ordonnées sur le fondement de cet article. Il appartient au juge des référés d'apprécier, au vu des éléments que lui soumet le requérant comme de l'ensemble des circonstances de l'espèce, si la condition d'urgence particulière requise par l'article L. 521-2 est satisfaite, en prenant en compte la situation du requérant et les intérêts qu'il entend défendre mais aussi l'intérêt public qui s'attache à l'exécution des mesures prises par l'administration.

4. Si le requérant fait valoir qu'il ne peut pas poursuivre ses études depuis l'expiration de son récépissé le 16 octobre 2024, il n'apporte aucun élément démontrant la réalité de cette allégation. Par ailleurs, il résulte également de l'instruction que le requérant n'a pas déposé de dossier complet de demande de renouvellement dans les délais fixés par l'article R. 431-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a déposé une nouvelle demande que le 30 septembre 2024, s'exposant ainsi à ne pas disposer de documents justifiant son séjour. Enfin, si le requérant indique que son accès aux soins ou à l'emploi sont " extrêmement difficiles ", il ne démontre ni être effectivement privé de droits, ni ne justifie ainsi d'une atteinte effective à une liberté fondamentale. Au surplus, si le requérant soutient qu'il a fourni avec sa demande en date du 30 septembre 2024 un dossier complet, il n'en justifie pas, l'absence de dossier complet empêchant le préfet d'instruire sa demande comme de lui délivrer un récépissé.

5. Il résulte de ce qui précède que le requérant n'établit pas plus que lors de sa première requête rejetée par ordonnance du 28 novembre 2024, l'urgence particulière qui justifie l'intervention d'une décision du juge des référés dans un délai de 48 heures.

6. Il appartient au requérant s'il s'y croit fondé et en particulier s'il établit l'urgence de sa situation et le caractère complet de sa demande de titre, de saisir le juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, pour lesquelles les conditions d'urgence sont distinctes de celles de l'article L. 521-2, pour obtenir la délivrance d'un récépissé.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B, y compris sa demande de condamnation aux dépens, doit être rejetée en application des dispositions de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C B.

Fait à Lille, le 2 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. PERRIN

Pour expédition conforme,

La greffière,

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