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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2412304

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2412304

mercredi 18 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2412304
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête en référé suspension de M. B, qui contestait le refus implicite de renouvellement de son titre de séjour "salarié". Le juge a estimé que la demande de l'intéressé était manifestement irrecevable car il n'avait pas fourni les pièces complémentaires demandées par la préfecture, empêchant ainsi la naissance d'une décision administrative susceptible de recours. La condition d'urgence et l'existence d'un doute sérieux sur la légalité n'ont pas été examinées, la requête étant rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Potier, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision née du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " du 27 décembre 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa demande de titre de séjour portant la mention " salarié ", ou, subsidiairement, de statuer sur sa demande d'admission exceptionnelle au séjour, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Potier, avocate de M. B, de la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu :

- la requête enregistrée le 4 décembre 2024 sous le n° 2412298 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. M. B, ressortissant congolais né le 12 août 1995 à Kinshasa (République démocratique du Congo), déclare être entrée en France à l'âge de 16 ans en 2012, et avoir bénéficié depuis sa majorité de titre de séjour portant la mention " étudiant ". A compter du 14 novembre 2019, il a bénéficié d'un titre de séjour portant la mention " salarié " renouvelé jusqu'au 6 février 2023. Il a demandé le renouvellement de ce titre de séjour par un courrier du 6 février 2023 et s'est vu remettre un récépissé de cette demande valable du 4 mai 2023 au 3 novembre 2023. En réponse à un courrier électronique du 9 novembre 2023, les services de la préfecture informaient M. B qu'il ne s'était pas présenté à un rendez-vous fixé au 20 juin 2023 en vue de retirer son titre de séjour et qu'il devait déposer une nouvelle demande de renouvellement de son titre de séjour portant la mention " salarié ", ce que M. B fît par un courrier du 27 décembre 2023 réceptionné le 29 décembre 2023. Par un courrier électronique du 2 mai 2024, les services de la préfecture demandaient à M. B de compléter son dossier de demande en fournissant notamment une copie de son contrat de travail, l'autorisation de travail correspondante ainsi que ses trois derniers bulletins de paye. M. B demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision née du silence gardé par le préfet sur cette demande.

3. Il ressort des écritures mêmes de M. B qu'il n'a pas produit les pièces demandées par le courrier du 2 mai 2024, alors même qu'il eût pu, notamment et le cas échéant, faire valoir qu'il avait été involontairement privé d'emploi. Par suite, pour regrettable que soit la situation de M. B, dès lors que sa demande n'était pas complète, aucune décision n'a pu naître du silence gardé par le préfet sur sa demande.

4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement irrecevable et doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lille, le 18 décembre 2024.

Le juge des référés,

Signé,

D. TERME

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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