jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412373 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 décembre 2024, M. A B, représenté par Me Cardon, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 novembre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a mis en demeure, ainsi que tous occupants sans droit ni titre, de quitter le logement qu'ils occupent dans un délai de sept jours ;
3°) d'enjoindre au préfet du Nord de leur proposer un hébergement dans le département du Nord dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement à Me Cardon, avocat de M. B, de la somme de 1 200 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Vu :
- la requête enregistrée le 05/12/2024 sous le n° 2412397 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 2007-290 du 5 mars 2007 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que l'exécution de la décision soit suspendue sans attendre le jugement de la requête au fond. L'urgence doit être appréciée objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'affaire, à la date à laquelle le juge des référés se prononce.
3. M. B, ressortissant serbe né le 2 septembre 1964 à Raca (Serbie) demande au juge des référés d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 29 novembre 2024 par laquelle le préfet du Nord l'a mis en demeure, ainsi que tous occupants sans droit ni titre, de quitter le logement situé 39 rue Désiré Courcot à Mons en Baroeul (59370) dans un délai de sept jours.
4. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon lui, à ce que soit ordonnée la suspension de l'exécution de la décision qu'il conteste, M. B fait valoir qu'il occupe les lieux depuis le 30 octobre 2024, qu'il ne dispose d'aucune solution de relogement et que son état de santé est incompatible avec une vie dans la rue en pleine période hivernale. Toutefois, M. B ne soutient pas qu'il aurait effectué une quelconque démarche en vue de bénéficier d'une solution de logement ou d'hébergement. M. B ne conteste, par ailleurs, ni s'être irrégulièrement introduit dans le logement en cause, ni qu'il ne dispose d'aucun titre pour l'occuper, et l'affirmation selon laquelle ce logement aurait été vide à son arrivée et meublé par ses soins n'est assortie d'aucun commencement de preuve. Par ailleurs, si M. B soutient que son épouse et quatre de ses petits-enfants mineurs occupent le logement avec lui, il ne produit à l'appui de cette affirmation qu'une copie du passeport de son épouse et de l'une de ses petites filles, dont il ressort qu'elle est âgée de dix-sept ans, et ne précise pas pour quel motif ses petit-enfants ne pourraient habiter avec leurs parents, dont il indique qu'ils résident sur le territoire français. Enfin, s'il ressort des pièces médicales produites que M. B a récemment bénéficié d'une pelviglossectomie gauche en vue de traiter un carcinome épidermoïde de la langue, il ne résulte pas de l'instruction que l'exécution de la décision attaquée mettrait en péril la poursuite du traitement de suivi dont il bénéficie depuis cette intervention.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la condition tenant à l'existence d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté contesté et sans qu'il y ait lieu d'accorder à M. B le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Lille, le 19 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. TERME
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2608798
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2606201
03/08/2026
Tribunal Administratif de VERSAILLES — N° TA78-2600562
03/08/2026
Tribunal Administratif de MELUN — N° TA77-2611484
03/08/2026