mardi 24 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412685 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 16 décembre 2024 et 20 décembre 2024, Mme B D demande au juge des référés de suspendre, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'exécution de la décision du président du conseil départemental du Nord du 13 septembre 2024 rejetant son recours gracieux contre la décision du 27 août 2024 refusant la prise en charge des transports scolaires de son fils A C en petit véhicule collectif et de l'indemniser pour le préjudice subi.
Elle soutient que son fils handicapé ne peut effectuer le trajet scolaire seul et que la prise en charge du transport scolaire ne peut pas se fonder sur un critère de distance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation,
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". L'article L. 522-3 du même code dispose que : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ". Aux termes de l'article R. 522-1 du code de justice administrative : " La requête visant au prononcé de mesures d'urgence doit () justifier de l'urgence de l'affaire () ".
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications apportées par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, et notamment des objectifs d'intérêt public poursuivis par la décision critiquée.
3. En l'espèce, il résulte de la décision contestée que le département n'a pas refusé la prise en charge des transports scolaires du fils de la requérante mais a proposé soit le remboursement de l'abonnement aux transports en commun de l'enfant et éventuellement de son accompagnant, soit le remboursement des frais kilométriques. Le certificat médical produit par la requérante, peu détaillé et indiquant que l'enfant a besoin d'accompagnement dans ses déplacements ne suffit pas à démontrer que la solution proposée par le département serait inadaptée. Compte tenu de ces éléments, la requérante n'établit pas une atteinte suffisamment grave et immédiate à la situation de son fils, pour justifier de l'urgence qui existerait à suspendre l'exécution de la décision contestée. Par ailleurs, les moyens soulevés à l'encontre de cette décision apparaissent en l'état de l'instruction manifestement infondés. Enfin, dans son dernier mémoire, la requérante demande la réparation du préjudice qu'elle a subi. Une telle demande ne relève manifestement pas de l'office du juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête présentée par Mme D doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, sans instruction ni audience publique.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête présentée par Mme D est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B D.
Fait à Lille, le 24 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé
D. Perrin
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2412685
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