jeudi 19 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2412718 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 décembre 2024, Mme B A demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
2°) de rendre exécutoire l'ordonnance aussitôt qu'elle aura été rendue en application de l'article R. 522-13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Terme, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Mme A, ressortissante malgache née le 24 juillet 2000 à Mamory Ivato Antananarivo (Madagascar) a demandé la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " étudiant " le 8 juin 2023. Par un arrêté du 2 août 2023, le préfet des Hautes-Pyrénées a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement. Par un arrêté du 18 septembre 2023, le préfet a retiré cet arrêté, et Mme A a été placée sous récépissé jusqu'au 22 août 2024. Ayant déménagé à Tourcoing, Mme A a demandé le renouvellement de son récépissé au moyen du téléservice " démarches-simplifiées.fr " le 1er juillet 2024. Cette demande a été classée sans suite le 21 octobre 2024. Mme A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa demande de renouvellement de titre de séjour dans un délai de cinq jours suivant la notification de l'ordonnance à intervenir et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour.
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 521-2 du code de justice administrative que lorsqu'un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée à cet article, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d'urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cet article soient remplies, qu'une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale soit prise dans les quarante-huit heures.
4. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon elle, à ce que soient ordonnées les mesures qu'elle sollicite, Mme A fait valoir que cette décision l'empêche de travailler, que son contrat de bail qui expire le 26 janvier 2025 risque de ne pas être renouvelé, qu'elle est inscrite en licence à l'université de Lille et que la poursuite de ses études est compromise, et qu'elle génère un stress important affectant son bien-être général. Toutefois, la décision contestée date du 21 octobre 2024, et Mme A n'indique pas pour quel motif elle ne l'a pas contestée antérieurement, avant que son contrat de travail ne soit rompu le 30 novembre 2024, et, par ailleurs, pour justifier de ses ressources, elle produit uniquement un relevé de compte bancaire du 12 novembre 2024 au 12 décembre 2024. Par ailleurs, il ne résulte pas de l'instruction que la décision contestée aurait nécessairement pour effet d'entraîner le non-renouvellement de son contrat de location, ni, à brève échéance, d'interrompre la poursuite de ses études. Les considérations générales sur son état de santé n'étant, par ailleurs, pas étayées, Mme A ne justifie de l'existence d'une situation d'extrême urgence justifiant l'intervention de juge des référés statuant sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative.
5. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'existence d'une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale, la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Fait à Lille, le 19 décembre 2024.
Le juge des référés,
Signé,
D. TERME
Pour expédition conforme,
La greffière,
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