Le Tribunal administratif de Lille a été saisi par Mme B... d’une requête en excès de pouvoir contre le refus implicite du préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour. Postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet a délivré à l’intéressée une carte de résident, rendant sans objet les conclusions à fin d’annulation et d’injonction. Par ordonnance du 14 novembre 2025, le tribunal a constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur ces conclusions sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative. Il a également condamné l’État à verser 550 euros à l’avocat de Mme B... au titre de l’aide juridictionnelle partielle, en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 18 janvier 2025, Mme A... B..., représentée par Me Houindo, demande au tribunal :
1°) d’annuler, pour excès de pouvoir, la décision implicite de rejet résultant du silence gardé par le préfet du Nord sur sa demande de titre de séjour ;
2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident, dans un délai de vingt-quatre heures à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Houindo, son avocat, de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme B... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle au taux de 55% par une décision du 14 avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de (…) formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 3° Constater qu’il n’y a pas lieu de statuer sur une requête (…) / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L. 761-1 (…) ».
2. Il ressort des pièces du dossier que le 8 octobre 2025, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet du Nord a délivré à Mme B... une carte de résident valable du 26 août 2022 au 25 août 2032. Dans ces conditions, les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B... sont devenues sans objet. Il n’y a plus lieu d’y statuer.
3. Mme B... a obtenu le bénéfice de l’aide juridictionnelle partielle au taux de 55% par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 14 avril 2025. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’État la somme de 550 euros à verser à Me Houindo, sous réserve que ce dernier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’annulation et d’injonction sous astreinte présentées par Mme B....
Article 2 : L’Etat versera à Me Houindo une somme de 550 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Houindo renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... B... et au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 14 novembre 2025
Le président de la 7ème chambre,
Signé
D. Terme
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,