vendredi 7 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2500975 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 31 janvier 2025, M. A B, représenté par Me Blanco, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 27 mai 2024 portant refus de délivrance d'un permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord et à l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) de lui délivrer son permis de conduire et de supprimer la mention relative à l'échange de son permis de conduire à l'étranger ;
3°) à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet du Nord et à l'ANTS de réexaminer sa demande ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 décembre 2024 sous le numéro 2412211 par laquelle M. B demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. ()". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Pour l'application des dispositions ci-dessus reproduites de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, l'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte contesté sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. La condition d'urgence s'apprécie objectivement et globalement au regard de l'intérêt du demandeur mais aussi de l'intérêt public et notamment, s'agissant d'une décision de suspension d'un permis de conduire, des exigences liées à la protection de la sécurité routière.
3. Pour justifier de l'urgence qui s'attache, selon lui, à suspendre l'exécution de la décision en cause, M. B produit une attestation d'un responsable de la société au sein de laquelle il travaille qui indique que le requérant peut prétendre à un poste lui permettant une évolution significative de carrière et que le permis de conduire est essentiel pour l'exercice de ces fonctions compte tenu de la nécessité de déplacements dans 15 magasins non desservis par les transports en commun. Toutefois cette attestation peu circonstanciée n'établit ni que l'exercice de telles fonctions soit subordonné à la détention d'un permis de conduire valide, ni que le requérant ait une perspective certaine à très court terme d'être nommé sur le poste envisagé, ni qu'une telle perspective serait empêchée par l'absence de délivrance d'un permis de conduire au requérant. Par ailleurs, si le requérant soutient que les déplacements en transports en commun entre son domicile et son travail, d'une durée de 43 minutes aller selon la pièce produite, sont trois fois plus long qu'en véhicule automobile, cette circonstance ne constitue pas une atteinte suffisamment grave et immédiate à sa situation de nature à justifier la suspension de la décision contestée. Le requérant n'établit donc pas plus que dans sa précédente requête, par les pièces et moyens qu'il produits que la condition d'urgence soit satisfaite. Au surplus, si le requérant a porté plainte pour usurpation d'identité, les pièces qu'il produit ne suffisent pas à établir qu'il ne pouvait matériellement pas être à l'origine de l'échange du permis de conduire à l'origine selon lui du refus de délivrance résultant du permis européen établi à son nom.
4. Il résulte de ce qui précède, qu'il y a lieu de rejeter la requête selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative y compris les conclusions à fins d'injonction et celles tendant au paiement de frais liés au litige.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Lille, le 7 février 2025.
Le juge des référés,
Signé,
D. Perrin
Pour expédition conforme,
La greffière,
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