mardi 18 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2501487 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 février 2025, Mme B A, représentée par Me Hervet, demande au juge des référés :
1°) d'ordonner au préfet du Nord, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, de traiter dans les plus brefs délais sa demande de titre de séjour " étudiant " et de lui délivrer une attestation de décision favorable dans un délai de trois jours à compter de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- La condition d'urgence est satisfaite dès lorsqu'elle demeure en attente de l'instruction de sa demande depuis le 20 novembre 2023, soit depuis quinze mois, la plaçant dans une situation de précarité juridique et administrative incompatible avec son statut d'étudiante en France. En dépit des attestations de prolongation d'instruction, les entreprises refusent de l'accueillir en stage ;
- La mesure sollicitée présente un caractère utile, d'une part en ce que les seules attestations de prolongation d'instruction l'empêchent l'accès aux allocations de domicile, la possibilité d'ouvrir un compte bancaire, de signer une convention de stage ou un contrat de travail, compromettant son parcours universitaire, d'autre part en ce qu'il est porté atteinte à sa liberté d'aller et venir et à sa vie privée et familiale ;
- La mesure sollicitée ne fait pas obstacle à l'exécution d'une décision administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Paganel, vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante algérienne, a formulé le 20 novembre 2023 sur la plateforme Administration Numérique pour Etrangers en France (ANEF) le renouvellement de son certificat de résidence algérien " étudiant " délivré pour la période du 12 janvier 2023 au 11 janvier 2024. Elle s'est vue délivrer plusieurs attestations de prolongations d'instruction dont la dernière valable jusqu'au 15 mars 2025.
2. Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : " En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative ". Saisi sur le fondement de ces dispositions d'une demande qui n'est pas manifestement insusceptible de se rattacher à un litige relevant de la compétence du juge administratif, le juge des référés peut prescrire, à des fins conservatoires ou à titre provisoire, toutes mesures que l'urgence justifie, notamment sous forme d'injonctions adressées à l'administration, à la condition que ces mesures soient utiles et ne se heurtent à aucune contestation sérieuse. En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
3. Il ne résulte d'aucun élément du dossier que Mme A, qui est inscrite en Master 1 " Industrie " à l'université de Lille pour l'année universitaire 2024-2025, serait, comme elle le prétend, dans l'impossibilité d'accomplir un stage en entreprise en se prévalant d'une attestation de prolongation d'instruction en cours de validité. Elle n'établit pas davantage du fait de la prolongation d'instruction, l'existence d'une situation de précarité juridique et administrative incompatible avec son statut d'étudiante en France. Ainsi, et même si Mme A fait valoir que sa demande de renouvellement de titre de séjour est en cours d'instruction depuis quinze mois, la mesure sollicitée n'est pas justifiée par l'existence d'une situation d'urgence.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative, en ce comprises les conclusions présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 18 février 2025.
Le juge des référés,
Signé,
M. PAGANEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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