jeudi 27 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2501846 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 25 février 2025, M. A B demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de suspendre la décision par laquelle la métropole européenne de Lille et la commune de Lille l'empêche d'accéder à la voie publique avec son véhicule.
Il soutient que les travaux réalisés l'empêchent de sortir de son domicile avec son véhicule.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. Il résulte de la combinaison des dispositions des articles L. 511-1, L. 521-2 et L. 521-4 du code de justice administrative qu'il appartient au juge des référés, lorsqu'il est saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 et qu'il constate une atteinte grave et manifestement illégale portée par une personne morale de droit public à une liberté fondamentale, de prendre les mesures qui sont de nature à faire disparaître les effets de cette atteinte.
3. Le libre accès des riverains à la voie publique constitue un accessoire du droit de propriété lequel a le caractère d'une liberté fondamentale au sens de l'article L. 521-2 du code de justice administrative. La privation de tout accès à la voie publique est susceptible de constituer une atteinte grave et manifestement illégale à cette liberté, pouvant justifier l'intervention du juge des référés sous réserve qu'une urgence particulière rende nécessaire l'intervention d'une mesure de sauvegarde dans les quarante-huit heures.
4. M. B doit être considéré comme demandant au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative de suspendre la décision l'empêchant d'accéder en véhicule automobile à son garage depuis la voie publique ou de faire cesser les effets de cette décision. Il résulte toutefois du courriel qui lui a été adressé le 21 février 2025 par un agent de la mairie de Lomme, commune associée de Lille que les travaux entrepris rue Eugène Descamps empêchent pendant une durée de cinq jours, durant la phase de déconstruction puis de reconstruction du trottoir l'accès de M. B à son allée de garage en véhicule automobile. Durant toute la durée restante du chantier, le requérant a été autorisé à accéder en véhicule à son garage en roulant sur le trottoir. D'une part, le requérant ne fait état, ni a fortiori n'établit aucune circonstance qui rendrait indispensable son accès en véhicule à son allée de garage pendant la durée où cet accès ne sera pas possible. La condition d'urgence particulière à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative ne saurait donc être regardée comme satisfaite. D'autre part, le requérant n'établit pas non plus que la privation d'accès en véhicule à son allée de garage, compte tenu de la nécessité des travaux entrepris qu'il ne conteste pas utilement, ne constitue pas une mesure proportionnée pour la réalisation de ces travaux et caractérise une atteinte grave et manifestement illégale à sa liberté d'accès à sa résidence.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B, y compris ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Fait à Lille, le 27 février 2025.
Le juge des référés,
Signé,
D. Perrin
Pour expédition conforme,
Le greffier,
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