mardi 6 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2503517 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | BERTHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 avril 2025, M. B A, représenté par Me Berthe, demande au tribunal :
1°) de lui accorder, à titre provisoire, le bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler l'arrêté du 3 avril 2025 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pendant une durée de 45 jours, renouvelable deux fois ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, à charge pour son conseil de renoncer à la part contributive de l'Etat en cas d'octroi de l'aide juridictionnelle ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative en l'absence d'octroi du bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- il n'est pas établi que la décision ait été prise par une autorité compétente ;
- il n'est pas établi que l'obligation de quitter le territoire français sur laquelle se fonde la décision litigieuse lui ait été régulièrement notifiée ;
- l'arrêté litigieux est entaché d'une erreur de fait et d'une erreur de droit dans l'application de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors que, à supposer que cette mesure d'éloignement existe, elle a été abrogée par la délivrance d'un récépissé le 19 décembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Piou, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Piou, magistrate désignée ;
- les observations de M. A, qui mentionne son récépissé de demande de titre de séjour et fait état de ses difficultés à être présent à tous les pointages ;
- et les observations de Me Ill, représentant le préfet du Nord, qui conclut au rejet de la requête, fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés et, subsidiairement, que l'arrêté litigieux peut être regardé comme légalement fondé sur la mesure d'éloignement implicite qu'il révèle.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant arménien, conteste l'arrêté du 3 avril 2025 par lequel le préfet du Nord l'a assigné à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président./ () ".
3. Eu égard aux circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions précitées, l'admission provisoire de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. D'une part, aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants :/1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ; () ".
5. D'autre part, lorsqu'une décision portant obligation de quitter le territoire français n'a été suivie d'aucune mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue, caractérisée par un changement de circonstances de fait ou de droit, et que ce retard est exclusivement imputable à l'administration, l'exécution d'office de l'obligation faite à un étranger de quitter le territoire français doit être regardée comme fondée non sur cette décision initiale, même si celle-ci est devenue définitive faute d'avoir été contestée dans les délais, mais sur une nouvelle décision d'éloignement, dont l'existence est révélée par la mise en œuvre de l'exécution d'office elle-même et qui doit être regardée comme s'étant substituée à la décision initiale.
6. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du préfet du Nord du 13 septembre 2023, M. A s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, décision assortie d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et d'une interdiction de retour sur le territoire français de deux ans, régulièrement notifiée à l'intéressé le 16 septembre suivant. Toutefois, par jugement du 7 décembre 2023 n° 2108210, devenu définitif, le présent tribunal a annulé le refus d'enregistrement qui avait été opposé le 4 mars 2021 à la demande de titre de séjour formulée par M. A le 9 février précédent et a enjoint au préfet du Nord de procéder à l'enregistrement de cette demande et de lui délivrer un récépissé valant autorisation provisoire de séjour. L'intéressé s'est ainsi vu remettre le 9 décembre 2023 ce récépissé, valable jusqu'au 16 mars 2024. Celui-ci a implicitement mais nécessairement abrogé la mesure d'éloignement prise à son encontre le 13 septembre 2023 pour l'exécution de laquelle a été édicté l'arrêté en litige.
7. Par ailleurs, dès lors que l'arrêté précité du 13 septembre 2023 a été implicitement mais nécessairement abrogé peu après son édiction, comme retenu au point précédent, il ne peut être valablement soutenu en défense que cette mesure d'éloignement aurait été dépourvue de mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue. En tout état de cause, il résulte des dispositions précitées du 1° de l'article L. 731-1 précitées du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'autorité administrative peut assigner à résidence un étranger ayant fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français moins de trois ans auparavant, délai qui ne peut ainsi être considéré comme anormalement long. Dans ces conditions, ne peut qu'être écarté le moyen tiré de ce que l'arrêté litigieux devrait être regardé comme légalement fondé sur une nouvelle mesure d'éloignement révélée dans les conditions prévues au point 5 du présent jugement.
8. Il en résulte qu'à la date de la décision en litige M. A ne faisait plus l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la mesure d'assignation à résidence prise à son encontre est entachée d'erreur de droit et doit pour ce motif être annulée.
9. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, l'arrêté préfectoral du 3 avril 2025 doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
10. M. A ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire, son avocat peut donc se prévaloir des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Berthe, avocat de M. A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État et sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Berthe, de la somme totale de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale à titre provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 3 avril 2025 par lequel le préfet du Nord a assigné M. A à résidence pour une durée de 45 jours, renouvelable deux fois, est annulé.
Article 3 : Sous réserve de l'admission définitive de M. A à l'aide juridictionnelle et sous réserve que Me Berthe renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, ce dernier versera à Me Berthe, avocat de M. A, la somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au préfet du Nord et à Me Berthe.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 mai 2025.
La magistrate,
signé
C. PIOU
La greffière,
signé
C. Toneguzzo
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026