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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2503976

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2503976

mercredi 30 avril 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2503976
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS GAIA

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal de Saint-Amand-les-Eaux instaurant un chéquier "pouvoir d'achat". Le juge a estimé que la condition d'urgence prévue à l'article L. 521-1 du code de justice administrative n'était pas remplie, le requérant n'établissant pas une atteinte grave et immédiate aux finances communales ou à un intérêt public. La requête a été rejetée par ordonnance sur le fondement de l'article L. 522-3 du même code.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 avril 2025, M. A B demande au juge des référés saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l'exécution de la délibération du 10 avril 2025 du conseil municipal de

Saint-Amand-les-Eaux portant sur la mise en place d'un chéquier " pouvoir d'achat ".

Vu :

- la copie de la requête à fin d'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller pour statuer sur les demandes de référé.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque la demande ne présente pas un caractère d'urgence ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1. " Enfin, aux termes de l'article R. 522-1 du même code : " () A peine d'irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d'une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d'annulation ou de réformation et accompagnées d'une copie de cette dernière ".

2. La condition d'urgence à laquelle est subordonné le prononcé d'une mesure de suspension doit être regardée comme remplie lorsque la décision administrative contestée préjudicie de manière suffisamment grave et immédiate à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. L'urgence s'apprécie objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande tendant à la suspension d'une telle décision, d'apprécier concrètement, compte-tenu notamment des justifications fournies par le requérant, si les effets de celle-ci sur la situation de ce dernier ou le cas échéant, des personnes concernées, sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.

3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la délibération du conseil municipal de Saint-Amand-les-Eaux du 10 avril 2025 mettant en place un chéquier " pouvoir d'achat " pour les habitants de la commune, le requérant fait valoir le préjudice porté aux finances de la commune. Toutefois, il ne démontre pas que cette délibération placerait les finances de la collectivité dans une situation critique, soulignant au contraire qu'elle résulte de la perception d'une subvention de la communauté d'agglomération de la porte du Hainaut. Si le requérant fait également état du démarrage très proche de cette opération, le 9 mai prochain et de la proximité des élections municipales, ces circonstances ne suffisent pas non plus à établir une atteinte suffisamment grave et immédiate à l'intérêt public ou à la situation personnelle du requérant ou aux intérêts qu'il représente.

4. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée par application de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B

Fait à Lille, le 30 avril 2025.

Le juge des référés,

Signé,

D. Perrin

Pour expédition conforme,

Le greffier,

N°2503976

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