mercredi 28 mai 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2504371 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | DELOBEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 et 14 mai 2025, M. E A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 mai 2025 par lequel le préfet de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Oise de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions en litige :
- il n'est pas établi que le signataire de l'arrêté attaqué dispose d'une délégation de signature régulière ;
- les décisions en litige sont insuffisamment motivées ;
Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle révèle un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations avant son édiction, en méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne ;
- elle méconnait son droit d'asile, tel que garanti par l'article 33 de la convention de Genève et les articles L.521-1, L.521-7 et R.521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui est elle-même illégale ;
- en tant qu'elle fixe le Soudan, elle méconnait les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
Sur les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui est elle-même illégale ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des circonstances humanitaires évoquées à l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et d'erreur d'appréciation des critères fixés par l'article L.612-10 du même code.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 mai 2025, le préfet de l'Oise conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors qu'elle ne comporte pas de moyen ni de conclusion ;
- aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de Genève du 28 juillet 1951 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme Denys, conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique du 28 mai 2025 à 13h30, Mme Denys :
- a présenté son rapport ;
- a entendu les observations de Me Delobel, représentant M. B A, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu'il développe ;
- a entendu les observations de M. B A, assisté de M. C, interprète ;
- a constaté que le préfet de l'Oise n'était ni présent, ne représenté ;
- et a prononcé la clôture de l'instruction.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant soudanais né le 1er février 1995, est entré irrégulièrement sur le territoire français en 2021, selon ses déclarations. Par un arrêté du 8 mai 2025, le préfet de l'Oise lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans. M. B A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président. ( ) ".
3. Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. B A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Oise :
4. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 922-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le second alinéa de l'article R. 411-1 du code de justice administrative n'est pas applicable et l'expiration du délai de recours n'interdit pas au requérant de soulever des moyens nouveaux, quelle que soit la cause juridique à laquelle ils se rattachent. / Le requérant qui a demandé l'annulation de l'une des décisions qui lui ont été notifiées simultanément peut, jusqu'à la clôture de l'instruction, former des conclusions dirigées contre toute autre de ces décisions. ".
5. Le second alinéa de l'article R. 411-1 du code de justice administrative n'est pas applicable à la requête de M. B A, qui relève de la procédure prévue à l'article L. 921-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, cette requête comporte des conclusions ainsi que des moyens. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par le préfet de l'Oise doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions en litige :
6. En premier lieu, par un arrêté du 25 novembre 2024, publié le même jour au recueil spécial des actes administratifs de la préfecture, le préfet de l'Oise a donné délégation à Mme D, sous-préfète de Clermont et signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer, notamment, dans le cadre des permanences du corps préfectoral, les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination d'une mesure d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que Mme D a assuré une permanence du 7 au 12 mai 2025, alors que l'arrêté attaqué a été édicté le 8 mai 2025 Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire des décisions en litige doit être écarté.
7. En second lieu, l'arrêté l'attaqué comporte les considérations utiles de droit et de fait sur lesquelles le préfet de l'Oise s'est fondé pour prendre les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays à destination de la mesure d'éloignement et portant interdiction de retour sur le territoire français. En particulier, ses termes attestent que l'ensemble des critères énoncés par l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile a été pris en considération par l'autorité préfectorale pour fixer sa durée de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en cause. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions en litige doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier et notamment des termes de l'arrêté attaqué que le préfet de l'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B A avant de prendre la décision en litige. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
9. En deuxième lieu, le droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union européenne, se définit comme celui de toute personne à faire connaître, de manière utile et effective, ses observations écrites ou orales au cours d'une procédure administrative, avant l'adoption de toute décision susceptible de lui faire grief. Toutefois, ce droit n'implique pas systématiquement l'obligation, pour l'administration, d'organiser, de sa propre initiative, un entretien avec l'intéressé, ni même d'inviter ce dernier à produire ses observations, mais suppose seulement que, informé de ce qu'une décision lui faisant grief est susceptible d'être prise à son encontre, il soit en mesure de présenter spontanément des observations écrites ou de solliciter un entretien pour faire valoir ses observations orales. Enfin, une atteinte à ce droit n'est susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle la décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.
10. Il ressort des pièces du dossier que, lors de son audition par les services de police le 8 mai 2025, M. B A a été informé qu'une mesure d'éloignement était susceptible d'être prise à son encontre et a été invité à présenter ses observations sur la perspective de son éloignement du territoire français. En outre, l'intéressé ne justifie d'aucun élément suffisamment précis et circonstancié de nature, s'il avait été connu préfet de l'Oise, à influer sur le contenu de la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, tel que garanti par le principe général du droit de l'Union européenne, doit être écarté.
11. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. B A a déclaré, lors de son audition par les services de police, avoir quitté son pays d'origine après le décès de son frère, en raison de la guerre, et avoir obtenu un titre de séjour à la suite de la demande d'asile qu'il a déposée en France. Il s'ensuit que, contrairement à ce qu'il soutient, l'intéressé n'a pas exprimé sa volonté de déposer une demande d'asile à cette occasion. Il s'ensuit que M. B A n'est pas fondé à soutenir que les services de police étaient tenus de transmettre une telle demande aux services préfectoraux et ceux-ci de l'enregistrer et de lui remettre une attestation de demande d'asile. Dans ces conditions le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'asile, tel qu'issu de l'article 33 de la convention de Genève, et des dispositions des articles L. 521-1, L. 521-7 et R. 521-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doit être écarté.
12. En dernier lieu, M. B A, qui est célibataire et sans charge de famille, est entré en 2021 en France et ne se prévaut d'aucune attache sur le territoire français. Par ailleurs, si l'intéressé a été admis au bénéfice de la protection subsidiaire par une décision rendue le 18 mars 2021 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA), il ressort des pièces du dossier que, par une décision rendue le 11 décembre 2024, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin à sa protection internationale en application du 3° du deuxième alinéa de l'article L.512-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. En outre, l'intéressé a été condamné, par un jugement rendu le 20 octobre 2022 par le tribunal correctionnel d'Amiens, à une peine de trois mois d'emprisonnement pour des faits de vol en réunion, commis en récidive ainsi que, par un jugement rendu le 15 septembre 2021 par la même juridiction, à une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour violence avec usage ou menace d'une arme suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours, commis le 5 janvier 2021. Il ressort également des pièces du dossier que M. B A a été placé en garde à vue, la veille de l'arrêté attaqué, pour des faits de violences avec arme, port d'arme de catégorie D et détention de stupéfiants. Il s'ensuit que son comportement constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, alors même que l'intéressé soutient qu'il serait isolé dans son pays d'origine, en édictant à son encontre une obligation de quitter le territoire français, le préfet de l'Oise n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les moyens soulevés à l'encontre de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
13. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 à 12, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écarté.
14. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / () 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ".
15. Ainsi qu'il a été dit au point 12, le comportement de M. B A constitue une menace à l'ordre public. Dans ces conditions, à supposer même que l'intéressé dispose de garanties de représentation suffisantes, sa situation entre dans le cas prévu au 1° de l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans lequel le préfet peut refuser d'assortir sa décision portant obligation de quitter le territoire français d'un délai de départ volontaire. Par suite, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation qu'aurait commise le préfet du Nord au regard des dispositions des articles L. 612-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 à 12, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écarté.
17. En deuxième lieu, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
18. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Par ailleurs, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950. ".
19. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'issue donnée à la demande d'asile déposé le 2 octobre 2020 par l'intéressé, que la provenance de M. B A, qui fait valoir qu'il a résidé à Nyala, dans l'Etat du Darfour Sud, doit être regardée comme établie. Par ailleurs, Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des éléments, relatifs à la situation sécuritaire qui prévaut au Soudan, dont fait état M. B A au cours de l'audience publique, que l'intéressé serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à une menace grave et individuelle contre sa vie ou sa personne en raison d'une violence qui peut s'étendre à des personnes sans considération de leur situation personnelle. Dans ces conditions, l'intéressé démontre qu'il serait exposé, en cas de retour dans son pays d'origine, à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il s'ensuit que l'arrêté attaqué, en tant qu'il fixe le Soudan comme pays à destination duquel M. B A pourra être reconduit d'office, méconnait les articles 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
En ce qui concerne les autres moyens soulevés à l'encontre de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
20. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit aux points 6 à 12, le moyen tiré, par la voie de l'exception, de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire, doit être écarté.
21. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français, et dix ans en cas de menace grave pour l'ordre public. ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
22. En se bornant à se prévaloir des circonstances exposées au point 19, M. B A ne démontre pas qu'en édictant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français, le préfet de l'Oise aurait commis une erreur manifeste dans l'appréciation des considérations humanitaires évoquées à l'article L.612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
23. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 8 mai 2025, en tant seulement qu'il fixe le Soudan comme pays à destination duquel M. B A pourra être reconduit d'office, doit être annulé.
Sur les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte :
24. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions de M. B A présentées aux fins d'injonction sous astreinte doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 mai 2025 du préfet de l'Oise, en tant qu'il fixe le Soudan comme pays à destination duquel M. B A pourra être reconduit d'office, est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. F B A et au préfet de l'Oise.
Prononcé le 28 mai 2025.
La magistrate désignée,
Signé :
A. DenysLa greffière,
Signé:
C. Toneguzzo
La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2504371
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026