Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par Mme A... d’une requête en excès de pouvoir visant l’annulation du rejet implicite de sa demande de renouvellement de titre de séjour par le préfet du Nord. La requérante s’est désistée de ses conclusions principales après avoir obtenu l’aide juridictionnelle totale. Par ordonnance du 7 janvier 2026, le président de la 3ème chambre a donné acte de ce désistement et constaté qu’il n’y avait plus lieu de statuer sur ces demandes. Sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative, l’État a été condamné à verser 800 euros à son avocate, sous réserve de renonciation à la part contributive de l’État.
Texte intégral
Le président de la 3ème chambreVu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juin 2025, Mme B... A..., représentée par Me Cabaret, demande au tribunal :
1°) de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d’annuler la décision par laquelle le préfet du Nord a implicitement rejeté sa demande de renouvellement d’un titre de séjour ;
3°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer un titre de séjour, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, de prendre une nouvelle décision explicite et de lui délivrer un récépissé l’autorisant à travailler dans le délai d’un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative ou sur le fondement du seul article L. 761-1 du code de justice administrative.
Le préfet du Nord a produit des pièces, enregistrées le 11 septembre et le 17 octobre 2025.
Par un mémoire, enregistré le 4 novembre 2025, Mme A... indique se désister de ses conclusions aux fins d’annulation, d’injonction et d’astreinte et maintenir celles présentées au titre des frais de l’instance dont le montant est porté à 2 000 euros.
Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 26 mai 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / 1° Donner acte des désistements ; /(…)/ 3° Constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; /(…)/ 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l’article L.761-1 ou la charge des dépens ; /(…)/ ».
2. Mme A... s’est vu octroyer l’aide juridictionnelle totale par une décision du 26 mai 2025. Par suite, il n’y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d’octroi de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
3. Par un mémoire, enregistré le 4 novembre 2025, Mme A... indique se désister de ses conclusions aux fins d’annulation, d’injonction et d’astreinte. Le désistement de Mme A... de ses conclusions étant pur et simple, rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.
4. Mme A... a été admise au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, sous réserve que Me Cabaret, conseil de la requérante, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’État, de mettre à la charge de l’Etat le versement à Me Cabaret de la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions précitées.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’octroi de l’aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions à fin d’annulation et d’injonction de la requête de Mme A....
Article 3 : L’Etat versera à Me Cabaret, avocate de Mme A..., une somme de 800 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cabaret renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l’Etat.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A..., à Me Cabaret et au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 7 janvier 2026.
Le président de la 3ème chambre
Signé
B. Baillard
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,