mercredi 25 juin 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2505555 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | Reconduite à la frontière |
| Avocat requérant | FRANCE TERRE D'ASILE - CRA COQUELLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 juin 2025, M. C B, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 11 juin 2025 par lesquelles le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter le territoire français, a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire, a fixé l'Algérie comme pays de renvoi et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) et d'enjoindre au préfet de l'Oise de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer, sans délai, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152.45 euros par jour de retard.
Il soutient que :
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- et elle est empreinte d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en fait ;
- et elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- et elle est fondée sur une mesure d'éloignement irrégulière.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
- elle a été édictée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est fondée sur une mesure d'éloignement et sur une décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire qui sont irrégulières.
Par un mémoire, enregistré le 23 juin 2025, le préfet de l'Oise a conclu au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales amendée, signée à Rome le 4 novembre 1950 ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Larue, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Larue, magistrat désigné ;
- les observations de Me Boubaker, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens tout en ajoutant que la mesure d'éloignement contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et que la décision refusant à M. B l'octroi d'un délai de départ volontaire est empreinte d'une erreur de fait et ne saurait être justifiée au vu des seules inscriptions dont il fait l'objet au fichier automatisé des empreintes digitales ;
- et les observations de M. B assisté de M. A D, interprète assermenté en langue arabe, qui a répondu aux questions qui lui ont été posées ;
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant algérien né le 30 juillet 1991, déclare être entré irrégulièrement en France le 10 septembre 2022. Le 10 juin 2025, il a été interpellé à l'occasion d'un contrôle d'identité opéré à 14h30 rue sainte Marguerite à Pantin et a été placé en garde à vue eu égard à la fiche de recherches dont il faisait l'objet pour une tentative de vol commise à Montataire le 19 août 2024. Après qu'il est apparu que M. B n'était pas entré régulièrement sur le territoire français et n'était pas titulaire d'un certificat de résidence algérien, il a bénéficié d'un classement 61 pour " autres poursuites ou sanctions de nature non pénales " et s'est vu notamment notifier, le lendemain de son placement en garde à vue, des décisions par lesquelles le préfet de l'Oise l'a obligé à quitter sans délai le territoire français à destination de l'Algérie et a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par la présente requête, M. B demande au Tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs à l'ensemble des décisions attaquées :
2. En premier lieu, par un arrêté du 25 novembre 2024, publié le jour même au recueil spécial des actes administratifs des services de l'Etat dans le département, le préfet de l'Oise a donné délégation à M. Frédéric Bovet, secrétaire général de la préfecture, sous-préfet de Beauvais, signataire de l'arrêté en litige, à effet de signer notamment, les décisions attaquées. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire des décisions querellées manquent en fait et doivent donc être écartés.
3. En second lieu, le préfet de l'Oise énonce avec suffisamment de précisions les considérations de fait et de droit sur lesquelles il fonde ses décisions. Par suite, les moyens, tirés de l'insuffisante motivation des décisions attaquées, ne peuvent être accueillis.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre l'obligation de quitter le territoire français :
4. En l'espèce, M. B déclare être entré en France le 10 septembre 2022, à l'âge de 31 ans. Il n'y réside donc irrégulièrement que depuis 2 ans et 9 mois à la date d'adoption de la décision attaquée. Il est célibataire, sans enfant et n'établit ni disposer d'attaches familiales en France, ni ne plus disposer de telles attaches en Algérie. En outre, s'il travaillerait sans autorisation comme charpentier, M. B n'établit ni la réalité de cette activité professionnelle, ni qu'il ne pourra pas trouver un emploi en Algérie. Et il ne se prévaut d'aucun autre élément de nature à établir qu'il dispose désormais en France du centre de ses intérêts privés. Il n'est donc pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet de l'Oise aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou commis une erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de cette décision sur sa situation personnelle.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision de refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
6. En premier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point précédent, le moyen, tiré, par la voie de l'exception, de l'irrégularité de mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B, doit être écarté.
7. En second lieu, M. B, dont le refus de délai de départ volontaire est fondé tant sur la menace à l'ordre public que constituerait son comportement en France que sur ses risques objectifs de fuite, ne saurait utilement soutenir ni que le préfet de l'Oise aurait commis une erreur de fait en mentionnant qu'il aurait été interpellé pour une infraction liée à des faits de vol pour effraction, cette erreur, à la considérer même comme établie, n'entachant pas l'un des motifs de la décision attaquée, ni que la décision litigieuse, qui est également motivée par des risques de fuite, ne saurait être justifiée au vu des seules inscriptions dont il fait l'objet au fichier automatisé des empreintes digitales.
8. Il suit de là que M. B n'est pas fondé à solliciter l'annulation de la décision du 11 juin 2025 par laquelle le préfet de l'Oise a refusé de lui octroyer un délai de départ volontaire.
En ce qui concerne l'autre moyen dirigé contre la décision fixant le pays de destination :
9. Compte tenu de ce qui a été dit au point 5 du présent jugement, le moyen, tiré, par la voie de l'exception, de l'irrégularité de mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B, doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. B, à fin d'annulation de la décision fixant le pays de destination de la mesure d'éloignement prise à son encontre, ne peuvent qu'être rejetées.
En ce qui concerne les autres moyens dirigés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
11. Compte tenu de ce qui a été dit aux points 5 et 8 du présent jugement, les moyens, tirés, par la voie de l'exception, de l'irrégularité de la mesure d'éloignement prise à l'encontre de M. B et de la décision refusant de lui octroyer un délai de départ volontaire, doivent être écartés.
12. Il suit de là que les conclusions de M. B, aux fins d'annulation de la décision, par laquelle le préfet de l'Oise a interdit son retour sur le territoire français pour une durée d'un an, ne peuvent pas être accueillies.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
13. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte de M. B ne peuvent être accueillies.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet de l'Oise.
Lu en audience publique le 25 juin 2025.
Le magistrat désigné,
Signé :
X. LARUE
La greffière,
Signé :
V. LESCEUXLa République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2505555
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026