jeudi 10 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2505589 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | CABINET CENTAURE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 juin 2025 et des pièces enregistrées le 1er juillet 2025 à 13h03, M. B A, représenté par Me Fourdan, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
1°) de suspendre la décision implicite née le 23 novembre 2024 par laquelle le préfet du Nord a refusé sa demande de renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle sur le fondement de l'article L. 433-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de lui délivrer une carte de résident en applications des articles L. 424-9 et L. 424-13 du même code ;
2°) d'enjoindre au préfet du Nord de procéder au réexamen de sa situation et de prendre une décision expresse, dans un délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une attestation de prolongation d'instruction, dans un délai de quarante-huit heures, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la condition d'urgence est présumée dès lors qu'il a sollicité le renouvellement de son titre. Par ailleurs, la décision contestée le maintient en situation irrégulière et en précarité administrative, son contrat de travail a été suspendu ainsi que ses droits sociaux, ce qui impacte son état psychologique, alors qu'il souffre d'un trouble anxieux généralisé ;
- la décision contestée n'est pas motivée ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale, au regard des stipulations de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant ainsi que les articles L. 433-4 et L. 424-9 et L.424-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est entachée d'une erreur d'appréciation et d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 juin 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- l'urgence n'est pas caractérisée dès lors que :
- le requérant étant défavorablement connu des services de police, l'instruction de son dossier a été prolongée le temps d'attendre les suites judiciaires relatives à ses affaires et des attestations de prolongation d'instruction lui ont été remises à ce titre ;
- le requérant bénéficie d'un contrat à durée indéterminée en qualité de technicien de maintenance et perçoit un salaire brut de 2175 euros ainsi que de 657 euros de prestations sociales ;
- son épouse est en situation régulière et peut exercer un emploi ;
- son entreprise commet une erreur d'interprétation du code de l'entrée et du séjour des étrangers en le menaçant de suspendre son contrat de travail alors qu'il bénéfice d'une attestation ;
- sa demande étant en cours d'instruction, les conclusions aux fins de suspension de la décision implicite de rejet et d'injonction sont sans objet.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 16 juin 2025 sous le n° 2505625 par laquelle M. A demande l'annulation de la décision attaquée.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 1er juillet 2025 en présence de Mme Dérégnieaux, greffière, M. Perrin a lu son rapport et entendu :
- les observations de Me Lescene, substituant Me Fourdan, représentant M. A ;
- le préfet du Nord n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Une note en délibéré, présentée pour M. A, a été enregistrée le 8 juillet 2025.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant afghan né le 1er janvier 1992, est entré en France
le 8 août 2016. Par une décision du 6 juillet 2017, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides lui a accordé le bénéfice de la protection subsidiaire. Il a bénéficié à ce titre de cartes de séjour temporaires et d'une carte de séjour pluriannuelle valable du 19 octobre 2020 au 18 octobre 2024. Il a sollicité le 23 juillet 2024 le renouvellement de son titre de séjour et s'est vu remettre une attestation de prolongation d'instruction valable du
23 juillet 2024 au 22 janvier 2025 puis du 16 décembre 2024 au 15 juin 2025. M. A demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, d'enjoindre au préfet du Nord de suspendre la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé de renouveler son titre de séjour.
2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision. () ".
3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés, saisi d'une demande de suspension d'une décision refusant la délivrance d'un titre de séjour, d'apprécier et de motiver l'urgence compte tenu de l'incidence immédiate du refus de titre de séjour sur la situation concrète de l'intéressé. Cette condition d'urgence sera en principe constatée dans le cas d'un refus de renouvellement du titre de séjour, comme d'ailleurs d'un retrait de celui-ci. Dans les autres cas, il appartient au requérant de justifier de circonstances particulières caractérisant la nécessite pour lui de bénéficier à très bref délai d'une mesure provisoire dans l'attente d'une décision juridictionnelle statuant sur la légalité de la décision litigieuse.
4. S'il n'est pas contesté que le requérant a demandé le 23 juillet 2024 le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle portant la mention " bénéficiaire de la protection subsidiaire ", il résulte des écritures en défense produites par le préfet du Nord qu'une attestation de prolongation d'instruction de la demande de renouvellement de titre, valable du 13 juin 2025 au 12 décembre 2025, a été délivré à M. A qui en a été informé antérieurement à l'enregistrement de la requête. Eu égard à la durée en l'espèce et aux effets d'un tel document, et en particulier s'agissant de la possibilité pour lui de se déplacer dans l'espace Schengen, de travailler et de percevoir les droits sociaux attachés à sa qualité de bénéficiaire de la protection subsidiaire, la délivrance à l'intéressé d'une attestation de prolongation d'instruction d'une durée de six mois l'autorisant à travailler, renverse la présomption d'urgence. Si le requérant fait valoir que l'urgence demeure en raison du caractère provisoire de ce document, son employeur exigeant un titre de séjour pour maintenir son contrat de travail et ses droits sociaux étant de ce fait suspendus, ce qui impacterait son état psychologique, il n'apporte aucun élément de nature à démontrer que son employeur aurait suspendu son contrat de travail, le requérant se bornant à joindre des messages adressés sur son portable avant qu'il ait produit son nouveau récépissé à son employeur, ou de nature à démontrer qu'il est concrètement et légalement privé d'accès aux droits du fait de la détention d'une simple attestation ou risque de ce fait une interruption dans la justification de ces droits. Par suite, il n'est pas établi que la décision attaquée préjudicie de manière grave et immédiate à la situation personnelle du requérant. En l'état de l'instruction, la condition d'urgence n'est donc pas remplie.
5. Il résulte de ce que qui précède, et sans qu'il y ait lieu de se prononcer sur les conclusions relatives à l'existence d'un doute sérieux sur la légalité de la décision contestée, que les conclusions M. A présentées sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, la somme que demande le conseil du requérant sur leur fondement.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 10 juillet 2025 .
Le juge des référés,
Signé,
D. Perrin
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026