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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2507043

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2507043

jeudi 7 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2507043
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de Mme B, qui contestait le rejet implicite de sa demande de relocalisation d'une bibliothèque de plage à Merlimont. Le juge a constaté que la demande de l'intéressée datait du 24 juin 2025 et que, en application de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration, le silence de l'administration pendant deux mois vaut acceptation, non rejet. Par conséquent, aucune décision implicite de rejet n'étant née à la date de l'ordonnance (7 août 2025), le recours était prématuré. La solution retenue est le rejet de la requête sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 juillet 2025, Mme A B demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Merlimont a implicitement rejeté sa demande du 24 juin 2025 tendant à la relocalisation d'une bibliothèque de plage.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative :

" Les présidents de () formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance :

/ () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ; ". Aux termes des dispositions de l'article

R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article R. 612-1 du même code : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. ".

2. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un requérant, après avoir présenté une demande à l'administration, saisit le juge administratif avant que celle-ci ne se soit prononcée sur cette demande, ses conclusions, dirigées contre une décision qui n'est pas encore née, sont irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d'instance, par l'intervention d'une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu'aucune décision n'a été prise par l'administration, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi.

3. Aux termes de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation. ".

4. La requête présentée par Mme B est dirigée contre la décision par laquelle le maire de la commune de Merlimont a implicitement rejeté sa demande tendant à la relocalisation d'une bibliothèque de plage. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la demande introduite par la requérante a été réceptionnée en mairie le 24 juin 2025.

Il résulte ainsi des dispositions précitées de l'article L. 231-1 du code des relations entre le public et l'administration qu'aucune décision n'est intervenue à ce jour. Par suite, la requête de Mme B, prématurée, est entachée d'une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Fait à Lille, le 7 août 2025.

La présidente de la 5ème chambre,

Signé

J. Féménia

La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2507043

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