vendredi 25 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Lille |
| Section | Tribunal Administratif de Lille |
| N° Dossier | TA59-2507120 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Avocat requérant | LUDOT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 juillet 2025, M. D F, représenté par Me Ludot, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1°) de suspendre l'arrêté du 23 juillet 2025 par lequel le préfet du Nord lui a interdit toute représentation le 25 juillet 2025 dans le département du Nord ;
2°) de faire interdiction au préfet du Nord de troubler les représentations en cause ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative, ainsi que les " entiers " dépens.
Le requérant soutient :
- qu'il a intérêt pour agir,
- que le préfet porte une atteinte à la liberté de travailler et à la liberté d'expression,
- que le contenu du spectacle n'a rien d'antisémite et ne pose aucun problème d'ordre public.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 juillet 2025 à 13 h 25, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Riou, premier vice-président, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.
Ont été entendus au cours de l'audience publique tenue le 25 juillet 2025 à 14 h 30 :
-le rapport de M. Riou,
- les observations de Mme E, M. G et M. B, représentant le préfet du Nord, qui reprennent le mémoire en défense et précise que M. F doit être regardé comme le metteur en scène du spectacle de substitution qu'il propose habituellement en cas d'interdiction.
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :
1. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ".
2. Il appartient à l'autorité investie du pouvoir de police de prendre toute mesure pour prévenir une atteinte à l'ordre public. Le respect de la dignité de la personne humaine est une des composantes de l'ordre public. L'autorité investie du pouvoir de police peut, même en l'absence de circonstances locales particulières, interdire une manifestation qui porte atteinte au respect de la dignité de la personne humaine. L'exercice de la liberté d'expression est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés. Il appartient aux autorités chargées de la police administrative de prendre les mesures nécessaires à l'exercice de la liberté de réunion. Les atteintes portées, pour des exigences d'ordre public, à l'exercice de ces libertés fondamentales doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées.
3. Pour prononcer l'interdiction en litige, le préfet du Nord s'est fondé sur les circonstances que M. F avait fait l'objet de plusieurs condamnations pénales dont certaines définitives, notamment pour des propos à caractère antisémite, incitant à la haine raciale et méconnaissant la dignité humaine. Il s'est également fondé sur le fait que M. F tenait, de manière récurrente, notamment au cours de son dernier spectacle, intitulé initialement " vendredi 13 " de nombreux propos outrageants, haineux, conspirationnistes, homophobes, transphobes et antisémites et qu'ils font l'apologie du terrorisme en portant gravement atteinte à la mémoire des victimes des attentats de 2015. Estimant que le risque que tels propos, constituant un trouble à l'ordre public et des infractions pénales, était caractérisé, le préfet a considéré que les changements de dénomination et de lieu, et, en dernier lieu, la proposition d'un spectacle de substitution, représenté par M. A C, dont le représentant du préfet indique à l'audience, sans être contesté, qu'il est mis en scène par M. F, n'étaient pas de nature à diminuer le risque de troubles graves à l'ordre public que constitue la tenue de toute représentation dans lesquelles le requérant est comédien, metteur en scène ou auteur, pour le spectacle prévu initialement le 25 juillet 2025 à Dunkerque. Il a, en conséquence, interdit cette représentation quels que soient sa date, son lieu et son intitulé effectifs.
4. Si le requérant soutient que son nouveau spectacle, intitulé " Istanbul ", dont il produit un script, ne présente aucun caractère antisémite et n'incite pas à la haine raciale, il ressort de ce document lui-même qu'il s'agit d'une version " fictive " et " neutre ", ce qui atteste que le spectacle représenté est en réalité différent, ce que confirment les nombreuses pièces versées au dossier par le préfet relatant le contenu réel du spectacle et qu'il comporte les éléments récurrents des spectacles de l'intéressé, comme en témoigne l'affiche produite en défense, figurant sur le réseau social officiel du requérant, intitulant le spectacle " D, sans filtre, sans limite - Dieudo sur scène " et prévoyant une représentation à " Dunkerque ", sans autre précision, ce jour le 25 juillet 2025.
5. Dans ces conditions, d'une part, compte tenu de la nature particulière du trouble à l'ordre public constitué par la teneur même des propos antisémites ou constitutifs d'infractions pénales susceptibles d'être proférés lors du spectacle " Istanbul " alors même que le spectacle se déroulerait dans le calme, d'autre part, en l'absence d'information crédible fournie par le requérant sur le contenu de son prétendu nouveau spectacle, et enfin eu égard au caractère suffisamment établi de la manœuvre de l'intéressé visant à changer depuis 2025 les appellations de ses spectacles au gré des arrêtés d'interdiction mais non leur contenu, le risque de réitération de propos constitutifs d'infractions pénales au cours de la représentation à venir du 25 juillet 2025 doit être regardé comme établi en l'espèce.
6. Dès lors, en prenant la mesure d'interdiction contestée, le préfet du Nord, qui doit être regardé comme n'ayant pas interdit tout spectacle du requérant pour une durée indéfinie, la résipiscence de l'intéressé, par la modification effective du contenu de son spectacle, ne pouvant être exclue, n'a pas porté une atteinte manifestement illégale aux libertés fondamentales invoquées.
7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'urgence, la requête de M. F doit être rejetée en toutes ses conclusions.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Monsieur D F est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D F et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 25 juillet 2025.
Le juge des référés,
signé
J-M. Riou
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026