Le Tribunal administratif de Lille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. B... contestant un arrêté préfectoral d’interdiction de retour sur le territoire français et le refus implicite de l’abroger. Le requérant n’a pas produit, malgré une demande de régularisation, la décision attaquée ni la preuve de sa demande d’abrogation, en méconnaissance de l’article R. 412-1 du code de justice administrative. En application des articles R. 612-1 et R. 222-1 du même code, l’irrecevabilité n’ayant pas été couverte dans le délai imparti, la requête a été rejetée par ordonnance.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 août 2025, M. A... B... demande au tribunal d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 21 septembre 2023 du préfet du Nord lui faisant interdiction de retour sur le territoire français, ensemble la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé d’abroger ladite interdiction de retour sur le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier et notamment les pièces enregistrées le 9 novembre 2025 présentées par M. B....
Vu le code de justice administrative.
Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et (...) les présidents de formation de jugement des tribunaux (...) peuvent, par ordonnance : / (…) 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (…) ».
Aux termes de l'article R. 412-1 du code de justice administrative : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué (…) ». Aux termes de l’article R. 612-1 de ce code : « Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser. / (…) / La demande de régularisation mentionne que, à défaut de régularisation, les conclusions pourront être rejetées comme irrecevables dès l'expiration du délai imparti qui, sauf urgence, ne peut être inférieur à quinze jours. La demande de régularisation tient lieu de l'information prévue à l'article R. 611-7 ».
En méconnaissance des dispositions précitées de l’article R. 412-1 du code de justice administrative la requête de M. B... n’est pas accompagnée de la décision attaquée, ni d’une copie d’une demande adressée à l’administration tendant à l’abrogation de l’interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre. En application des dispositions précitées de l’article R. 612-1 du code de justice administrative, M. B... a été invité, par un courrier du 25 septembre 2025 adressé via l’application télérecours citoyens à laquelle il s’est inscrit le 23 septembre 2025, à produire la décision attaquée ou, si l’administration n’a pas répondu à sa demande d’abrogation de l’interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre, de la pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande auprès de l’administration, et à régulariser ainsi sa requête avant l’expiration d’un délai de quinze jours. Dès lors qu’il n’a pas, à l’expiration du délai qui lui avait ainsi été imparti, produit la décision attaquée ni justifié d’une quelconque impossibilité de le faire, sa requête est manifestement irrecevable et doit, en conséquence, être rejetée en application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....
Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 1er décembre 2025.
La présidente,
Signé
P. Hamon
La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,