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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2508059

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2508059

jeudi 28 août 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2508059
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la décision du 9 juillet 2025 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privées de sécurité a retiré la carte professionnelle d’agent privé de sécurité de M. B. Le juge a estimé que le moyen invoqué, tiré de l’absence d’inscription de sa condamnation pour violences conjugales au bulletin B2 du casier judiciaire, n’était pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision, fondée sur l’article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure. La requête a été rejetée sans instruction ni audience en application de l’article L. 522-3 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 août 2025, M. A B, demande au juge des référés, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de la décision du 9 juillet 2025 par laquelle le directeur du Conseil national des activités privée de sécurité a retiré sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité, jusqu'à ce qu'il soit statué sur la légalité de cette décision.

Vu :

- la requête par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision attaquée ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné M. Perrin, premier conseiller, en application de l'article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.

2. Par une décision du 9 juillet 2025, le directeur du conseil national des activités privées de sécurité a retiré la carte professionnelle délivrée à M. B. M. B demande au juge des référés, saisi sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative d'ordonner la suspension de l'exécution de cette décision.

3. Aux termes de l'article L. 612-20 du code de la sécurité intérieure : " Nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 : / () 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le représentant de l'Etat territorialement compétent et individuellement désignés, des traitements de données à caractère personnel gérés par les services de police et de gendarmerie nationales relevant des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées / () / La carte professionnelle peut être retirée lorsque son titulaire cesse de remplir l'une des conditions prévues aux 1°, 2°, 3°, 4° et 5° du présent article. / () ".

4. M. B a été condamné par un jugement correctionnel du tribunal judiciaire d'Arras en date du 11 février 2025 pour des violences habituelles sur son conjoint à une peine d'emprisonnement de six mois avec sursis. Le requérant se borne à indiquer que le tribunal n'a pas inscrit cette condamnation au bulletin B2 du casier judiciaire. Ce seul moyen n'est manifestement pas de nature à créer un doute sérieux sur la légalité de la décision en litige. Au surplus, si le requérant indique que cette décision est à l'origine de sa perte d'emploi, il n'apporte aucune pièce pour l'établir.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lille, le 28 août 2025.

Le juge des référés,

Signé,

D. Perrin

Pour expédition conforme,

La greffière,

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