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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2508522

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2508522

jeudi 2 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2508522
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE - CRA COQUELLES

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille a rejeté comme manifestement irrecevable la requête de M. A... dirigée contre un arrêté préfectoral portant obligation de quitter le territoire français. La requête a été jugée tardive, car enregistrée après l'expiration du délai de recours d'un mois suivant la notification de l'arrêté, conformément aux articles L. 911-1 et L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le tribunal a également constaté son incompétence territoriale, le requérant résidant dans le ressort du tribunal de Lille, mais a rejeté la requête sur le fondement de l'irrecevabilité manifeste.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée au greffe du tribunal le 3 septembre 2025, M. B... A... demande au tribunal :

1°) de l’admettre à l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d’annuler pour excès de pouvoir l’arrêté du 23 juillet 2025 par lequel le préfet des Pyrénées-Orientales l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement, lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée de deux ans et l’a assigné à résidence pour une durée d’un an ;

3°) d’enjoindre au préfet des Pyrénées-Orientales de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard, et de procéder au réexamen de sa situation.

 

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

  Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : « (...) les premiers vice-présidents des tribunaux et des cours (…) peuvent, par ordonnance (…) 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; (…) ».

L’article L. 614-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose que : « La décision portant obligation de quitter le territoire français ainsi que la décision relative au séjour, la décision relative au délai de départ volontaire et l'interdiction de retour sur le territoire français qui l'accompagnent, le cas échéant, peuvent être contestées devant le tribunal administratif selon la procédure prévue à l'article L. 911-1. » Aux termes de l’article L. 911-1 du même code : « Lorsqu'une disposition du présent code prévoit qu'une décision peut être contestée selon la procédure prévue au présent article, le tribunal administratif peut être saisi dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision. (…) ». Il résulte de ces dispositions que les requêtes dirigées contre une mesure d’obligation de quitter le territoire doivent être présentées au greffe du tribunal, pour y être enregistrées et être recevables, dans un délai d’un mois suivant la notification de l’arrêté comportant ces décisions. Ce délai d’un mois, qui n’est pas un délai franc et n’obéit pas aux règles définies à l’article 642 du code de procédure civile, se décompte d’heure à heure et ne saurait recevoir aucune prorogation. 

Enfin, aux termes de l’article R. 312-8 du code de justice administrative : « Les litiges relatifs aux décisions individuelles prises à l'encontre de personnes par les autorités administratives dans l'exercice de leurs pouvoirs de police relèvent de la compétence du tribunal administratif du lieu de résidence des personnes faisant l'objet des décisions attaquées à la date desdites décisions ».

Il ressort des pièces du dossier qu’à la date de l’arrêté attaqué, M. A... résidait à Lomme, dans le département du Nord, soit dans le ressort du tribunal administratif de Lille. La décision attaquée, qui mentionnait les voies et délais de recours, lui a été notifiée le 23 juillet 2025 à dix-huit heures dix. Il résulte des dispositions citées au point précédent que le délai de recours contentieux à l’encontre de l’arrêté contesté par l’intéressé, était d’un mois à compter de la notification de cet arrêté. La requête de M. A... a été enregistrée au greffe du tribunal le 3 septembre 2025, soit après l’expiration du délai d’un mois, qui n’est pas un délai franc. La requête est dès lors tardive et ne saurait être régularisée. Par suite, elle doit être rejetée comme entachée d’une irrecevabilité manifeste en application du 4° de l’article R. 922-17 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, sans qu’il y ait lieu d’admettre, à titre provisoire, M. A..., au bénéfice de l’aide juridictionnelle.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A... et au préfet des Pyrénées-Orientales.

Copie en sera adressée pour information au ministre de l’intérieur.

Fait à Lille, le 2 octobre 2025.

Le premier vice-président,

Signé :

J-M. Riou

La République mande et ordonne au préfet des Pyrénées-Orientales, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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