Le Tribunal Administratif de Lille annule l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 8 septembre 2025 maintenant M. A... D..., ressortissant soudanais, en rétention administrative suite à sa demande d'asile. Le tribunal retient un défaut d'examen complet de la situation personnelle, le préfet n'ayant pas pris en compte la renonciation antérieure de l'intéressé au statut de réfugié, élément n'impliquant pas la cessation des risques au Soudan. La décision est fondée sur le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 10 septembre 2025, M. E... A... D... demande au tribunal d’annuler l’arrêté en date du 8 septembre 2025 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l’a maintenu en rétention administrative à la suite de sa demande d’asile formée au centre de rétention.
Il soutient que :
- cette décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d’un défaut de motivation ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Krawczyk, premier conseiller, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.
Ont été entendus au cours de l’audience publique :
- le rapport de M. Krawczyk, magistrat désigné ;
- les observations de Me Barbry, représentant M. A... D..., qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens ; elle soutient qu’il a obtenu le statut de réfugié auquel il a renoncé ; que cette renonciation n’implique pas qu’il serait pour autant en sécurité au Soudan ; que le préfet du Pas-de-Calais n’a pas tenu compte de cet élément important ; qu’il a entaché sa décision d’un défaut d’examen sérieux de sa situation personnelle ;
- les observations de Me Termeau, représentant le préfet du Pas-de-Calais qui conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés ;
- les observations de M. A... D..., assisté de M. C... B... interprète assermenté en langue Zaghawa.
Considérant ce qui suit :
1. M. A... D..., ressortissant soudanais né le 3 mars 2000 à Erega (Soudan), demande au tribunal d’annuler l’arrêté en date du 8 septembre 2025 par lequel le préfet du Pas-de-Calais l’a maintenu en rétention administrative à la suite de sa demande d’asile forée au centre de rétention.
2. Il ressort des pièces du dossier et des débats au cours de l’audience que M. A... D... a obtenu le statut de réfugié le 30 avril 2018. Il y a renoncé en 2024 au cours de sa détention. Sa renonciation n’impliquait pas nécessairement que les risques encourus au Soudan auraient cessé d’exister. Ces circonstances qui nécessitaient un examen particulier de la situation personnelle du requérant aurait dû être pris en compte par le préfet du Pas-de-Calais. Toutefois il ne ressort pas des termes de l’arrêté contesté que le préfet du Pas-de-Calais aurait tenu compte de ces éléments de nature à influer sur le sens de sa décision. Le préfet du Pas-de-Calais a ainsi entaché son arrêté d’un défaut d’examen complet de la situation personnelle de M. A... D....
3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens présentés à cette fin, l’arrêté du 8 septembre 2025 doit être annulé.
D E C I D E :
Article 1er : L’arrêté du préfet du Pas-de-Calais en date du 8 septembre 2025 est annulé.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E... A... D... et au préfet du Pas-de-Calais.
Prononcé en audience publique le 13 octobre 2025.
Le magistrat désigné,
Signé
J. KrawczykLa greffière,
Signé
P. Vivien
La République mande et ordonne au préfet du Pas-de-Calais en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,