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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2508916

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2508916

lundi 6 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2508916
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantDORE

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de la décision implicite de rejet de sa demande de renouvellement de carte de séjour. Le juge a constaté que la requête en référé suspension n'était pas accompagnée de la copie de la requête en annulation, comme l'exige l'article R. 522-1 du code de justice administrative. En l'absence de cette requête principale, la demande de suspension a été jugée manifestement irrecevable. Par conséquent, l'ordonnance a rejeté l'intégralité des conclusions, y compris celles relatives à l'aide juridictionnelle provisoire et aux frais de justice.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

 

Par une requête, enregistrée le 15 septembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Doré, demande au juge des référés statuant en application de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

 

1°) de lui accorder le bénéfice de l’aide juridictionnelle à titre provisoire ;

 

2°) de suspendre l’exécution de la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Pas-de-Calais sur sa demande tendant au renouvellement de sa carte de séjour ;

 

3°) d’enjoindre au préfet du Pas-de-Calais de procéder au réexamen de sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer un document provisoire de séjour, l’autorisant à travailler dans le délai de huit jours à compter de l’ordonnance à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ou à lui verser en cas de non admission à l’aide juridictionnelle, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

 

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

 

 

Le président du tribunal a désigné M. Lassaux, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer en matière de référés.

 

 

Considérant ce qui suit :

 

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ». Le second alinéa de l’article R. 522-1 du même code dispose que : « A peine d’irrecevabilité, les conclusions tendant à la suspension d’une décision administrative ou de certains de ses effets doivent être présentées par requête distincte de la requête à fin d’annulation ou de réformation et accompagnées d’une copie de cette dernière ». Ces dispositions subordonnent la recevabilité d’une requête à fin de suspension à ce que soit jointe à la requête la décision dont la suspension est demandée. En vertu de l’article L. 522-3 du même code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d’urgence n’est pas remplie ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée.

2. Si M. B... dirige ses conclusions à fin de suspension la décision implicite de rejet née du silence gardé par le préfet du Pas-de-Calais sur sa demande tendant au renouvellement de sa carte de séjour, sa requête de référé n’est pas accompagnée d’une copie de la requête à fin d’annulation de cette décision qui aurait dû être déposée devant le tribunal administratif. En l’absence de requête en annulation contre cette décision, la présente requête de référé suspension est manifestement irrecevable.

3. Il résulte de ce qui précède que, sans qu’il y ait lieu d’accorder à M. B... le bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire, sa requête doit être rejetée selon la procédure prévue à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, y compris les conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Lille, le 6 octobre 2025.

 

 

Le juge des référés,

 

Signé

 

P. Lassaux

 

 

 

 

Pour expédition conforme,

La greffière,

 

 

 

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