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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2509391

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2509391

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2509391
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantFOURDAN

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a été saisi par M. A..., ressortissant afghan bénéficiaire de la protection subsidiaire, d'une demande de suspension de la décision implicite du préfet du Nord refusant le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle. En cours d'instance, le requérant s'est désisté de ses conclusions principales après la délivrance d'une attestation de prolongation d'instruction. Le tribunal a donné acte de ce désistement et, dans les circonstances de l'espèce, a condamné l'État à verser 800 euros à l'avocat de M. A... au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 29 septembre 2025, M. B... A..., représenté par Me Fourdan, demande au juge des référés :

1°) d’ordonner, sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative la suspension de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a refusé le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle et la délivrance d’une carte de résident ;

2°) d’enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa situation et de prendre une décision explicite dans le délai d’un mois à compter de la notification de l’ordonnance à intervenir et de lui délivrer dans l’attente et dans le délai de 48 heures suivant cette notification, une attestation de prolongation d’instruction l’autorisant à travailler, sous astreinte de 300 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 2 000 euros qui sera versée à son conseil au titre des dispositions combinées des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve pour ce conseil de renoncer à la part contributive de l’Etat versée au titre de l’aide juridictionnelle.


Par un mémoire en défense enregistré le 10 octobre 2025, le préfet du Nord conclut au rejet de la requête.


Par un mémoire, enregistré le 13 octobre 2025, M. A..., représenté par Me Fourdan, maintient uniquement ses conclusions de mise à la charge de l’Etat des frais non liés aux dépens.

Vu :
- la copie de la requête par laquelle M. A... demande l’annulation de la décision attaquée ;
- les autres pièces du dossier.


Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.


Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller, pour statuer sur les demandes de référé.

L’affaire a été radiée du rôle de l’audience publique du 14 octobre 2025.



Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article L. 521-1 du code de justice administrative : « Quand une décision administrative, même de rejet, fait l’objet d’une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d’une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l’exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l’urgence le justifie et qu’il est fait état d’un moyen propre à créer, en l’état de l’instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision (…) ».

2. M. B... A..., ressortissant afghan, né le 5 mai 1986 s’est vu reconnaitre la protection subsidiaire par une décision de la Cour nationale du droit d’asile en date du 29 mars 2021. Il a en conséquence été muni d’une carte de séjour pluriannuelle valable du 11 mai 2021 au 10 mai 2025. Il en a demandé le renouvellement le 20 janvier 2025 et une attestation de prolongation d’instruction lui a été délivrée le même jour. M. A... demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative de suspendre l’exécution de la décision implicite par laquelle le préfet du Nord a rejeté sa demande de renouvellement de sa carte de séjour.


Sur l’aide juridictionnelle provisoire :

3. Au vu de la demande d’aide juridictionnelle déposée le 25 septembre 2025 par M. A..., et en raison de l’urgence, il y a lieu de l’admettre au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 521-1 du code de justice administrative :

4. Lorsque le juge des référés a estimé, au vu de la requête dont il est saisi, qu’il y avait lieu, non de la rejeter en l’état pour l’un des motifs mentionnés à l’article L. 522-3 du code de justice administrative, mais d’engager la procédure prévue à l’article L. 522-1 de ce code, il lui incombe de poursuivre cette procédure et, notamment, de tenir une audience publique. Il en va cependant différemment lorsque, après que cette procédure a été engagée, intervient un désistement ou un évènement rendant sans objet la requête. Dans ce cas, le juge des référés peut, dans le cadre de son office, donner acte du désistement ou constater un non-lieu sans tenir d’audience.

5. Postérieurement à l’introduction de sa requête, une attestation de prolongation d’instruction a été délivrée au requérant, valable du 6 octobre 2025 au 5 janvier 2026. Au vu de cet élément, le requérant s’est désisté de ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s’oppose à ce qu’il en soit donné acte.


Sur les conclusions présentées au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :


6. Dans les circonstances particulières de l’espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros à verser à Me Fourdan, avocate de M. A... au titre des dispositions de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve de l’admission définitive de son client au bénéfice de l’aide juridictionnelle et de sa renonciation à percevoir la part contributive de l’Etat.




O R D O N N E :




Article 1er : M. A... est admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : Il est donné acte du désistement des conclusions de M. A... présentées sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

Article 3 : L’Etat versera à Me Fourdan, avocate de M. A..., une somme de 800 euros sur le fondement de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991.











Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A..., à Me Fourdan et au ministre de l’intérieur.

Copie en sera adressée pour information au préfet du Nord.




Fait à Lille, le 21 octobre 2025.

Le juge des référés,

Signé,

P. Even

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.


Pour expédition conforme,
La greffière,





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