Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative, était saisi par Mme A... d’une demande d’injonction visant à obtenir du préfet du Nord une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour avec autorisation de travail. En cours d’instance, le préfet a convoqué la requérante pour lui remettre un récépissé, rendant sans objet la demande d’injonction. Le juge a donc constaté un non-lieu à statuer sur ces conclusions. Il a toutefois condamné l’État à verser 800 euros à Mme A... au titre des frais de justice, en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2025, Mme B... A..., représenté par Me Dewaele, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l’article L. 521-3 du code de justice administrative :
1°) d’enjoindre au préfet du Nord de lui délivrer une attestation de prolongation d’instruction de sa demande de renouvellement de titre de séjour, l’autorisant à travailler, dans un délai de quarante-huit heures à compter de la notification de l’ordonnance, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
2°) de mettre à la charge de l’Etat une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l’urgence est constituée, dès lors que l’absence de délivrance d’une attestation de prolongation d’instruction de sa demande la place en situation irrégulière, où elle n’est plus autorisée à travailler ;
- la mesure sollicitée présente un caractère évidemment utile ;
- elle ne fait obstacle à l’exécution d’aucune décision administrative.
Le préfet du Nord a produit des pièces le 24 novembre 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
Aux termes de l'article L. 521-3 du code de justice administrative : « En cas d'urgence et sur simple requête qui sera recevable même en l'absence de décision administrative préalable, le juge des référés peut ordonner toutes autres mesures utiles sans faire obstacle à l'exécution d'aucune décision administrative. ».
Il résulte de l’instruction que, postérieurement à l’introduction de la requête, le préfet du Nord a, par un courriel du 24 novembre 2025, donné un rendez-vous à Mme A... le 8 décembre à 10h10 pour lui remettre un récépissé de demande de titre de séjour. Dès lors, il n’y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à ce qu’il enjoint au préfet de lui remettre un tel récépissé.
Il y a lieu, dans les circonstances de l’espèce, de mettre à la charge de l’Etat une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n’y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d’injonction de la requête de Mme A....
Article 2 : L’Etat versera à Mme A... une somme de 800 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... A... et au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Lille, le 28 novembre 2025.
Le juge des référés,
signé
P. EVEN
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Le greffier,