LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2510141

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2510141

vendredi 14 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2510141
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationReconduite à la frontière
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE - CRA COQUELLES

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant roumain, qui contestait l'arrêté du préfet de l'Oise lui interdisant de circuler sur le territoire français pour un an. Le tribunal a écarté les moyens d'incompétence, d'insuffisance de motivation et de violation de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme. Il a jugé que la décision était légalement fondée sur l'article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu des condamnations pénales de l'intéressé et de la menace à l'ordre public qu'il représentait.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 octobre 2025, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 15 octobre 2025 du préfet de l'Oise en tant qu’il lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée d’un an ;

Il soutient que :

- il n’est pas établi que la décision portant interdiction de circulation sur le territoire français ait été prise par une autorité habilitée ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 22 octobre 2025, le préfet de l'Oise, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire que les moyens soulevés par M. B... ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales,
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile,
- le code des relations entre le public et l’administration,
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

Le président du tribunal a désigné Mme Huchette-Deransy, première conseillère, pour exercer les pouvoirs qui lui sont attribués par les dispositions du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique, à l’issue de laquelle l’instruction a été close :
- le rapport de Mme Huchette-Deransy, magistrate désignée ;
- les observations de Me Bouhajja, pour M. B..., qui conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens qu’elle développe ; elle soulève en outre que la décision méconnait le principe de la présomption d’innocence dès lors qu’il n’est pas condamné pour les faits en cours d’instruction, que M. B... ne présente aucune menace à l’ordre public, comme en atteste la décision du juge judiciaire d’appel qui a mis fin à sa détention provisoire le 15 octobre 2025, et elle est entachée d’une erreur de droit, M. B... ne présentant aucune menace pour l’ordre public ;
- le préfet de l’Oise n’étant ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

M. B..., ressortissant roumain, né le 30 novembre 1974, à Plenita (Roumanie), demande l’annulation de l’arrêté du 15 octobre 2025, en tant que le préfet de l'Oise lui a fait interdiction de circuler sur le territoire français pour une durée d’un an.

Sur les conclusions à fin d’annulation :

En premier lieu, par un arrêté du 1er octobre 2025, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l’Etat dans le département n°10, le préfet de l'Oise a donné délégation à Mme C..., directrice de la citoyenneté et des étrangers en France, signataire de l’arrêté en litige, aux fins de signer, notamment, la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l’incompétence de l’auteur de l’arrêté contesté doit être écarté.

En deuxième lieu, l’arrêté attaqué, qui n’avait par ailleurs pas à indiquer de manière exhaustive l’ensemble des éléments relatifs à la situation de M. B..., mentionne, avec une précision suffisante et non stéréotypée, les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement en citant notamment les dispositions de l’article L. 251-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en rappelant le fondement sur lequel est fondé l’obligation de quitter le territoire français prise le même jour et en faisant état de ses liens ainsi que de son intégration en France mais également de la circonstance qu’il représente une menace à l’ordre public. Il précise encore que M. B... a été condamné, le 12 mai 2014, par le tribunal correctionnel de Chartres, à six mois d'emprisonnement pour vol aggravé par trois circonstances, par le tribunal correctionnel de Nantes, le 28 février 2019, à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de recel de bien provenant d'un vol dans un local d'habitation en récidive, et enfin qu’il est signalé dans le cadre d’une enquête en cours, pour laquelle il a été placé en détention provisoire le 26 août 2025 au centre pénitentiaire de Beauvais, puis libéré le 15 octobre 2025, pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de cette décision doit être écarté.

En troisième lieu, le moyen tiré, par voie d’exception, de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, qui n’est pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, doit être écarté.

En quatrième lieu, le moyen tiré de l’erreur de droit n’est pas assorti des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier que M. B... a été condamné, pour les faits repris au point 3, à six mois d'emprisonnement pour vol aggravé par trois circonstances et à quatre mois d'emprisonnement pour des faits de recel de bien provenant d'un vol dans un local d'habitation en récidive, de sorte que son comportement représente une menace à l’ordre public, alors qu’au surplus il ne conteste pas sérieusement être l’auteur des faits pour lesquels il a été placé en détention provisoire. Par suite le moyen tiré de l’erreur de droit doit, en tout état de cause, être écarté.

En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (...) ; / 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ». Il appartient à l’autorité administrative, qui envisage de procéder à l’éloignement d’un ressortissant étranger, d’apprécier si, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, ainsi qu’à la nature et à l’ancienneté de ses liens familiaux sur le territoire français, l’atteinte que cette mesure porterait à sa vie privée et familiale serait disproportionnée au regard des buts en vue desquels cette décision a été prise.

Si M. B..., qui serait entré en France en dernier lieu le 18 août 2025, déclare que deux de ses frères seraient présents en France, il déclare également que sa femme vit en Roumanie et que ses enfants vivent aux Etats-Unis. S’il se prévaut également des nombreux allers retours qu’il effectue entre la France et la Roumanie, d’une prétendue activité agricole, et de ce qu’il souhaite pouvoir répondre aux convocations judiciaires dans le cadre des procédures pénales en cours dans lesquelles il est mis en cause, ces seules circonstances ne sont pas de nature à porter au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels la décision a été prise, alors même qu’il ne justifie d’aucune convocation et, à tout le moins, qu’il pourra se faire représenter par un avocat. Dans ces circonstances, et compte tenu notamment de la durée et du peu d’attache établies par M. B... en France, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

En dernier lieu, une décision portant interdiction de circulation sur le territoire français ne constitue ni une sanction ni une condamnation mais une mesure de police administrative. Dès lors, le principe de la présomption d’innocence ne peut être utilement invoqué à l’encontre de la décision en litige devant le juge administratif.

Il résulte de tout ce qui précède que M. B... n’est pas fondé à demander l’annulation de la décision du 15 octobre 2025 par laquelle le préfet de l’Oise lui a interdit de circuler sur le territoire français pour une durée de d’un an.




D E C I D E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A... B... et au préfet de l'Oise.




Prononcé le 14 novembre 2025.





Le magistrat désigné,
signé
J. Huchette-Deransy

Le greffier,
signé
R. Antoine


La République mande et ordonne au préfet de l'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,
Le greffier,


Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions