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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2510237

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2510237

mardi 21 octobre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2510237
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, a rejeté la requête de M. B..., conseiller municipal de Seclin. Ce dernier demandait la suspension de l’article 3 du règlement intérieur du conseil municipal, qui restreignait son droit d’expression dans le bulletin municipal après avoir quitté la majorité. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, la seule échéance prochaine du mandat électoral ne constituant pas une circonstance particulière justifiant une intervention dans les 48 heures. La décision s’appuie notamment sur l’article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales, qui encadre le droit d’expression des conseillers municipaux.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 20 octobre 2025, M. A... B... demande au juge des référés, statuant sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative :

1°) d’ordonner la suspension de l’article 3 du règlement intérieur du conseil municipal de Seclin en tant qu’il ne permet pas l’expression d’un conseiller ayant quitté la majorité municipale ;

2°) d’enjoindre au maire de Seclin de lui réserver, sans délai, un espace d’expression équitable dans le prochain numéro du bulletin municipal « Seclin ma Ville ».


Le président du tribunal a désigné M. Even, premier conseiller, en application de l’article L. 511-2 du code de justice administrative, pour statuer sur les demandes de référé.


Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative ;


Considérant ce qui suit :

Aux termes de l’article L. 521-2 du code de justice administrative : « Saisi d’une demande en ce sens justifiée par l’urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public (…) aurait porté, dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures. ». Aux termes de l’article L. 522-1 de ce code : « Le juge des référés statue au terme d'une procédure contradictoire écrite ou orale. Lorsqu’il lui est demandé de prononcer les mesures visées aux articles L. 521-1 et L. 521-2, de les modifier ou d’y mettre fin, il informe sans délai les parties de la date et de l’heure de l’audience publique (...) ». L’article L. 522-3 du même code dispose que : « Lorsque la demande ne présente pas un caractère d’urgence ou lorsqu’il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu’elle est irrecevable ou qu’elle est mal fondée, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu’il y ait lieu d’appliquer les deux premiers alinéas de l’article L. 522-1 ». Enfin, selon le premier alinéa de son article R. 522-1 : « La requête visant au prononcé de mesures d’urgence doit (...) justifier de l’urgence de l’affaire ».

M. B... demande au juge des référés, saisi sur le fondement des dispositions de l’article L. 521-2 du code de justice administrative, à titre principal de suspendre l’article 3 du règlement intérieur du conseil municipal de Seclin en tant qu’il ne permet pas l’expression d’un conseiller ayant quitté la majorité municipale.

Lorsqu’un requérant fonde son action sur la procédure particulière instituée par l’article L. 521-2 du code de justice administrative, il lui appartient de justifier de circonstances caractérisant une situation d’urgence qui implique, sous réserve que les autres conditions posées par cette disposition soient remplies, qu’une mesure visant à sauvegarder une liberté fondamentale doive être prise dans les quarante-huit heures.

Aux termes de l’article L. 2121-27-1 du code général des collectivités territoriales : « Dans les communes de 1 000 habitants et plus, lorsque des informations générales sur les réalisations et sur la gestion du conseil municipal sont diffusées par la commune, un espace est réservé à l'expression des conseillers élus sur une liste autre que celle ayant obtenu le plus de voix lors du dernier renouvellement du conseil municipal ou ayant déclaré ne pas appartenir à la majorité municipale. / (…) / Les modalités d'application du présent article sont définies par le règlement intérieur du conseil municipal. ».

La seule circonstance invoquée par le requérant que le mandat des conseillers municipaux arrive à échéance dans cinq mois ne saurait constituer une circonstance particulière rendant nécessaire l’intervention à très bref délai du juge des référés.

Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée dans toutes ses conclusions selon la procédure prévue à l’article L. 522­3 du code de justice administrative.



O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Fait à Lille, le 21 octobre 2025.

Le juge des référés,

signé

P. Even
Pour expédition conforme,
Le greffier,

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