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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2510979

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2510979

lundi 12 janvier 2026

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2510979
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantFRANCE TERRE D'ASILE - CRA COQUELLES

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lille rejette la requête de M. B... contre un arrêté préfectoral du 9 novembre 2025 l'obligeant à quitter le territoire français. Le juge a fait usage de l'article R. 222-1 du code de justice administrative pour statuer sans audience, considérant que les moyens soulevés étaient soit manifestement infondés, soit insuffisamment précis. La solution retenue est le rejet de la demande d'annulation, le tribunal estimant que les moyens de légalité externe (incompétence, défaut de motivation) étaient infondés et que les moyens de fond, notamment tirés de l'article L. 311-1 du CESEDA, n'étaient pas assortis de justifications suffisantes.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2025, M. A... B... demande au tribunal :

1°) d’annuler l’arrêté du 9 novembre 2025 par lequel le préfet du Nord l’a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d’éloignement et lui a interdit le retour sur le territoire pour une durée d’un an ;

2°) d’enjoindre au préfet de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour sous astreinte de 152,45 euros par jour de retard.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif et (…) les présidents de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) 7° Rejeter, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes ne comportant que des moyens de légalité externe manifestement infondés, des moyens irrecevables, des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé (…) ».

2. Aux termes de l’article L. 311-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Pour entrer en France, tout étranger doit être muni : / (…) 2° Sous réserve des conventions internationales, et de l'article 6, paragraphe 1, point c, du code frontières Schengen, du justificatif d'hébergement prévu à l'article L. 313-1, s'il est requis, et des autres documents prévus par décret en Conseil d'Etat relatifs à l'objet et aux conditions de son séjour et à ses moyens d'existence, à la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé des dépenses médicales et hospitalières, y compris d'aide sociale, résultant de soins qu'il pourrait engager en France, ainsi qu'aux garanties de son rapatriement (…) ».

3. Aux termes de l’article 6 du règlement (UE) 2016/399 du Parlement européen et du Conseil du 9 mars 2016 : « 1. Pour un séjour prévu sur le territoire des États membres, d’une durée n’excédant pas 90 jours sur toute période de 180 jours (…), les conditions d’entrée pour les ressortissants de pays tiers sont les suivantes: / (…) c) justifier l’objet et les conditions du séjour envisagé, et disposer de moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans leur pays d’origine ou le transit vers un pays tiers dans lequel leur admission est garantie, ou être en mesure d’acquérir légalement ces moyens (…) ».

4. L’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dispose : « L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité (…) ». L’article L. 611-2 du même code prévoit que : « L'étranger en provenance directe du territoire d'un des États parties à la convention signée à Schengen le 19 juin 1990 peut se voir appliquer les 1° et 2° de l'article L. 611-1 lorsqu'il ne peut justifier être entré ou s'être maintenu sur le territoire métropolitain en se conformant aux stipulations des paragraphes 1 et 2 de l'article 19, du paragraphe 1 de l'article 20 et des paragraphes 1 et 2 de l'article 21 de cette même convention ».

5. Il ressort des pièces produites en défense par le préfet que le moyen tiré de l’incompétence du signataire des décisions contestées, qui a reçu délégation à cet effet par un arrêté du 10 octobre 2025 régulièrement publié, est manifestement mal fondé.

6. Il en va de même des moyens tirés de ce que les décisions contestées, qui mentionnent longuement et précisément l’exposé des circonstances de droit et de fait qui en constituent le fondement, seraient insuffisamment motivées.

7. Les moyens tirés de ce que la décision attaquée serait entachée d’une erreur manifeste d’appréciation et d’une erreur de droit au regard des dispositions de l’article L. 311-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, à l’appui desquels le requérant se borne à affirmer qu’il « voyage avec un passeport biométrique et de l’argent » sans pièce justificative à l’appui hormis un récépissé valant justificatif de son identité dont il ressort qu’il est effectivement titulaire d’un passeport, ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d’en apprécier le bien-fondé, compte tenu que le préfet a retenu pour motif que M. B... ne pouvait présenter de documents justifiant de l’objet et des conditions de son séjour en France, notamment sa durée, qu’il ne dispose pas des moyens de subsistance suffisants, tant pour la durée du séjour envisagé que pour le retour dans son pays de provenance ou le transit vers un État tiers, ni être en mesure d’acquérir légalement ces moyens, qu’il ne présentait ni l’attestation d’accueil exigée pour une visite à caractère familial ou privé, ni la prise en charge par un opérateur d'assurance agréé de dépenses médicales et hospitalières résultant de soins qu’ il pourrait engager en France et ne disposait pas de de billet de retour.

8. Les faits invoqués à l’appui des moyens tirés de ce que la décision fixant le pays de destination serait entachée d’erreur manifeste d’appréciation, à savoir que le requérant se trouverait en situation régulière et qu’il ne constitue pas une menace pas l’ordre public, sont manifestement insusceptibles de venir à son soutien.

9. Il en va de même de ceux, qui consistent dans la répétition de ce qu’il voyage avec un passeport et de l’argent et se trouverait en situation régulière, invoqués à l’appui du moyen tiré de ce que la décision lui refusant un délai de départ volontaire serait entachée d’erreur manifeste d’appréciation, cette dernière ayant été prise aux motifs qu’il ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français et n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour et qu’il présente un risque de fuite dès lors qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale.

10. Il en va encore de même du moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour serait également entachée d’erreur manifeste d’appréciation, le requérant se bornant de nouveau à répéter qu’il voyage avec un passeport et de l’argent et serait en situation régulière, et ne soutenant ni qu’il justifie de circonstances humanitaires au sens de l’article L. 612-6 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, ni que sa situation, telle qu’appréciée au regard des critères mentionnés à l’article L. 612-10 du même code, ne justifie pas l’édiction d’une interdiction de retour d’une durée d’un an.

11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B... doit être rejetée par application du 7° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :



Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B... et au préfet du Nord.


Fait à Lille, le 12 janvier 2026.


Le président de la 7ème chambre,


Signé


D. Terme

La République mande et ordonne au préfet du Nord en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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