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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2511019

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2511019

vendredi 14 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2511019
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantLIENART

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Lille a été saisi par M. B... d’une requête en excès de pouvoir visant à contester une saisie administrative à tiers détenteur émise pour le recouvrement d’une amende pénale majorée. Le tribunal a rejeté la requête comme portée devant une juridiction incompétente, jugeant que le litige, relatif au recouvrement d’une amende pénale, relevait de la compétence de la juridiction judiciaire et non administrative. Cette solution est fondée sur l’article R. 222-1 du code de justice administrative, ainsi que sur les articles 707-1 du code de procédure pénale et 2 du décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 7 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Lienart demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l’obligation de payer la somme de 375 euros issue de la majoration de l’amende résultant de l’avis de contravention du 6 juillet 2024 ;

2°) d’enjoindre à l’Etat de lui restituer les sommes prélevées en exécution des actes de poursuite antérieurs ;

3°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;

M. B... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d’aide juridictionnelle du 8 septembre 2025.


Vu les autres pièces du dossier.


Vu :
- le décret n° 64-1333 du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables de la direction générale des finances publiques ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991,
- le code de justice administrative.


Considérant ce qui suit :



Sur la compétence de la juridiction administrative :


1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents de tribunal administratif (…) peuvent, par ordonnance : (…) / 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative (…) ».


2. Aux termes de l’article 707-1 du code de procédure pénale : « (…) les poursuites pour le recouvrement des amendes et l’exécution des confiscations en valeur sont faites au nom du procureur de la République, par le comptable public compétent (…) ». Aux termes de l’article 2 du décret du 22 décembre 1964 relatif au recouvrement des amendes et condamnations pécuniaires par les comptables directs de la direction générale des finances publiques : « (…) / 4° La mise en recouvrement des amendes forfaitaires majorées est effectuée dans les conditions et selon les modalités prévues par les articles R. 49-5, R. 49-6 et R.49-6-1 du code de procédure pénale ». Aux termes de l’article 6-1 du même décret : « Lorsque le débiteur d’amendes ou de condamnations pécuniaires ne s’est pas acquitté spontanément de sa dette (…), ces amendes et condamnations peuvent également être recouvrées (…) par voie de saisie administrative à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales dépositaires, détentrices ou débitrices de sommes appartenant ou devant revenir au débiteur »
.

3. La détermination de l’ordre de juridiction compétent pour connaître du présent litige ne dépend pas du mode de recouvrement des sommes en cause mais de la nature de la créance dont il s’agit. Il ressort des pièces du dossier que la requête de M. B... est dirigée contre l’avis de saisie administrative à tiers détenteur émis à son encontre par la trésorerie de Lille Amendes en vue du recouvrement d’une amende infligée à la suite d’une infraction à caractère pénal. Le litige ainsi soulevé, qui se rapporte aux suites de la procédure pénale elle-même et les poursuites en recouvrement qui ne sont pas détachables de celle-ci, ressortissent à la compétence de la juridiction judiciaire. Par suite, la requête de M. B... doit être rejetée comme portée devant un ordre de juridiction incompétent pour en connaître, en application des dispositions du 2° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.


Sur les conclusions présentées au titre de de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :


4. Par voie de conséquence du rejet de sa requête, la demande présentée par M. B... sur le fondement des dispositions précitées doit être rejetée.














O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.

Article 2 : Les conclusions présentées au titre de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991 sont rejetées.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....

Copie en sera adressée à Me Lienart.

Fait à Lille, le 14 novembre 2025.


Le président du tribunal


Signé


Benoist Guével

La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme,


La greffière

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