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AccueilJurisprudence administrativeN° TA59-2511254

Tribunal Administratif de Lille — Décision N° TA59-2511254

jeudi 20 novembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de Lille
SectionTribunal Administratif de Lille
N° DossierTA59-2511254
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantHAYOUN

Résumé IA

Cette ordonnance du Tribunal Administratif de Lille rejette la requête de M. B... comme manifestement irrecevable. Le requérant contestait le retrait de la prime « MaPrimeRénov » par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH). Le tribunal a jugé que le recours était prématuré, car le délai de deux mois pour la naissance d’une décision implicite de rejet sur son recours administratif préalable obligatoire n’était pas expiré. La décision s’appuie sur les articles R. 222-1 et R. 412-1 du code de justice administrative, ainsi que sur le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 et le code des relations entre le public et l’administration.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 17 novembre 2025, M. A... B..., représenté par Me Hayoun, demande au tribunal :

1°) d’annuler la décision implicite par laquelle l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 8 juillet 2025 portant retrait de la prime de transition énergétique qui lui avait été attribuée, ensemble la décision du 8 juillet 2025 ;

2°) d’enjoindre à l’ANAH, à titre principal, de lui payer la prime « MaPrimeRénov », d’un montant de 12 000 euros, entre les mains de la société Eco Negoce, mandataire chargé de percevoir la prime, dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) d’enjoindre à l’ANAH, à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d’un mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’ANAH une somme de 1 800 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique ;
- le code de justice administrative.





Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents (…) de formation de jugement des tribunaux (…) peuvent, par ordonnance : / (…) / 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n’est pas tenue d’inviter leur auteur à les régulariser ou qu’elles n’ont pas été régularisées à l’expiration du délai imparti par une demande en ce sens (…) ». Aux termes de l’article R. 412-1 du même code : « La requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de l'acte attaqué ou, dans le cas mentionné à l'article R. 421-2, de la pièce justifiant de la date de dépôt de la réclamation (…) ». Aux termes du premier alinéa de l’article R. 421-1 de ce code : « La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ».

2. Aux termes de l’article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : « L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. / Ce recours administratif est régi par les dispositions des chapitres Ier et II du titre Ier du livre IV du code des relations entre le public et l'administration ».

3. Aux termes de l’article L. 231-1 du code des relations entre le public et l’administration : « Le silence gardé pendant deux mois par l'administration sur une demande vaut décision d'acceptation ». Aux termes de l’article L. 231-4 du même code : « Par dérogation à l'article L. 231-1, le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet : / (…) / 2° Lorsque la demande (…) présente le caractère d'une réclamation ou d'un recours administratif ; (…) ». Aux termes de l’article L. 412-7 de ce code : « La décision prise à la suite d’un recours administratif préalable obligatoire se substitue à la décision initiale ».

4. Il résulte de ces dispositions, d’une part, que la personne qui entend contester une décision relative à l’attribution de la prime de transition énergétique « MaPrimeRénov’ » doit obligatoirement, avant de saisir le juge, former un recours administratif préalable devant la directrice générale de l’Agence nationale de l’habitat. Seule la décision prise à la suite de ce recours administratif préalable obligatoire est susceptible d’être déférée devant le tribunal, en ce qu’elle se substitue à la décision initiale. D’autre part, lorsqu’un requérant, après avoir présenté une demande à l’administration, saisit le juge administratif avant que celle-ci ne se soit prononcée sur cette demande, ses conclusions, dirigées contre une décision qui n’est pas encore née, sont irrecevables. Si cette irrecevabilité peut être couverte, en cours d’instance, par l’intervention d’une décision expresse ou implicite, il est loisible au juge, tant qu’aucune décision n’a été prise par l’administration, de rejeter pour ce motif les conclusions dont il est saisi. Une telle irrecevabilité étant manifeste et le juge ne pouvant inviter le requérant à la régulariser, puisqu’une telle régularisation ne peut résulter que de l’intervention ultérieure d’une décision expresse ou implicite, les conclusions qui en sont entachées peuvent être rejetées par ordonnance sur le fondement du 4° de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

5. Si par une lettre en date du 8 juillet 2025, dont l’ANAH a accusé réception le 9 octobre suivant, le requérant a formé un recours administratif dirigé contre la décision de l’ANAH du 8 juillet 2025, à la date de la présente ordonnance, aucune décision implicite de rejet du recours administratif présenté par M. B... n’est née, le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées du code des relations entre le public et l’administration n’étant pas expiré. Il n’apparaît pas non plus qu’une décision expresse ait été édictée. Par suite, la requête de M. B... est prématurée. Elle est ainsi entachée d’une irrecevabilité manifeste et doit, dès lors, être rejetée par application des dispositions précitées du 4° de l’article R. 222‑1 du code de justice administrative.



O R D O N N E :


Article 1er : La requête de M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... B....


Une copie sera adressée pour information à l’Agence nationale de l’habitat.

Fait à Lille, le 20 novembre 2025.


La présidente de la 5ème chambre,


Signé


J. Féménia


La République mande et ordonne au ministre de la ville et du logement en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


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